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Le CNDD-FDD et le FRODEBU ont concocté une nouvelle alliance pour se partager le contrôle de l'Assemblée nationale.
(Source: Arib.info)    Le 22 avril 08

Pie NTAVYOHANYUMA Parlementaires à Kigobe

Le président de l’Assemblée nationale, Mr. Pie NTAVYOHANYUMA, a convoqué pour ce mardi 22 avril une séance plénière de la chambre basse du Parlement burundais, afin d’analyser un seul point à l’ordre du jour, à savoir l’amendement du Règlement d’ordre intérieur (ROI) en vue de réduire le nombre de parlementaires requis pour former un groupe parlementaire.

Selon de sources bien informées, après plusieurs consultations entre le président de l’Assemblée nationale et les présidents des partis CNDD-FDD et FRODEBU, respectivement Jérémie NGENDAKUMANA et Léonce NGENDAKUMANA, il a été convenu de modifier le ROI dans le sens de permettre la formation d’un groupe parlementaire uniquement aux partis politiques qui ont obtenu 5% des voix aux élections législatives de 2005. Ce groupe, dont la taille sera d’au moins un 1/10 des membres de l’Assemblée nationale - c'est à dire 12 députés sur un total de 118 - devra en outre être multiethnique.

Selon le projet d’amendement du ROI, seuls les deux partis remplissent ces conditions. Ainsi, cette formule est une base d’entente entre la frange du FRODEBU contrôlée par Léonce NGENDAKUMANA et celle du CNDD-FDD contrôlée par Jérémie NGENDAKUMANA, tout en excluant la formation de groupe parlementaire par les députés « non inscrits » ou « indépendants » comme ceux dits « pro-RADJABU » - issus du CNDD-FDD mais encore et toujours fidèles à l’ancien président de ce parti Hussein RADJABU, aujourd’hui déchu et condamné à treize ans de prison ferme - ou ceux dits « pro-MINANI » issus du FRODEBU mais restés fidèles à l’ancien président de ce parti Dr Jean MINANI, qui en est aujourd’hui exclu. L’ancien parti unique UPRONA s’en trouverait aussi exclu, son groupe étant « monoethnique », composé exclusivement de députés Tutsi.

Selon nos sources, pour pallier à la question de la composition du Bureau, dont les membres ne doivent pas être tous issus d’un même parti politique, d’une même ethnie ou d’un même genre, le CNDD-FDD compte renvoyer Mme Irène INANKUYO désignée début mars au poste de Premier vice-président de l’Assemblée nationale, en la remplacer par un Tutsi du CNDD-FDD, et la 2ème vice-présidence échouerait à une femme du FRODEBU. Cette manoeuvre est montée aussi pour écarter un des « durs » du FRODEBU et prétendant au poste de 2ème vice-président de l’Assemblée nationale, le député Pierre Claver NAHIMANA.

Pour calmer les autres parlementaires, le camp RADJABU, le clan MINANI et le parti UPRONA auraient chacun la présidence d’une commission. Le FRODEBU « pro-Léonce » obtiendrait aussi la présidence d’une commission. Le CNDD-FDD se réservant la part du lion à cette « mangeoire », à savoir les présidences de 4 commissions, soit 50% des commissions parlementaires. Quant au parti CNDD dirigé par Léonard NYANGOMA et le parti MRC, ils obtiendrait de petits morceaux du « gâteau » : une vice présidence d’une commission pour chacun.

Selon les mêmes sources, tout est calculé par le principal parti au pouvoir pour garder le contrôle du Bureau de l’Assemblée nationale, car c’est là où constitutionnellement les décisions sont prises et l’une des prérogatives du Bureau qui intéressent particulièrement le CNDD-FDD est la levée de l’immunité des parlementaires. Pour le moment sa priorité étant de faire taire le groupe RADJABU : « Pfunga kinwa ».

En outre le trio présidentiel NTAVYOHANYUMA et les deux NGENDAKUMANA envisage l’introduction d’une autre structure pour calmer le jeu, c’est ce qu’ils appellent la « Conférence des présidents », qui comprendrait : les membres du Bureau, les présidents des groupes parlementaires, les présidents des commissions ainsi que les présidents des partis représentés à l’Assemblée nationale, sans oublier les questeurs. Pour rappel, les questeurs exercent sous la haute autorité du Bureau des pouvoirs étendus en matière financière, comptable et administrative dans le cadre de l’autonomie de gestion de l’Assemblée nationale.

Voici donc la nouvelle soupe bien dosée pour débloquer les travaux de l’Assemblée nationale paralysée depuis plus d’une année. Mais le risque de la plonger dans l’agonie n’est pas à exclure car Léonce NGENDAKUMANA n’a pas encore convaincu les siens, et le groupe RADJABU souhaiterait avoir à tout prix un représentant au Bureau pour surveiller de près la levée de l’immunité des siens. En ce moment le plus menacé d’entre eux est le député Pasteur MPAWENAYO qui a refusé de répondre à plusieurs convocations du Parquet général de justice. Va-t-il en réchapper cette fois-ci et pour combien de temps ?

Selon les analystes, l’UPRONA, le parti dit de l’« Unité nationale » mais qui n’a aucun parlementaire Hutu, va aussi tonner et raller pour avoir droit à un groupe parlementaire en bonne et due forme. De même, le parti CNDD dirigé par NYANGOMA ainsi que les « indépendants » dont Alice NZOMUKUNDA, Mathias BASABOSE et Jean-Marie NGENDAHAYO ne vont pas se laisser faire.

Reste à voir si tous ces mécontents resteront soudés pour maintenir intact leur minorité de blocage d’au moins 40 parlementaires sur un total de 118 que compte l’Assemblée nationale. En effet pour amender le ROI il faut absolument l’accord des 2/3 des députés, c’est à dire au moins 79 députés. Selon notre estimation, le camp RADJABU dispose d’à peu près 18 députés, le CNDD de 4, l’UPRONA de 15 et les indépendants 3. Soit 40 députés exactement. Si on calcule : 118-40 = 78. Mathématiquement les jeux sont donc loin d’être joués !

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