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 Actualités

Fin de la mission du Comité de pilotage tripartite en charge des consultations nationales
(Source: Binub)  
 Le 07 mai 10

Mr Festus Ntanyungu
Le Comité de pilotage tripartite (CPT) en charge des consultations nationales sur la mise en place des mécanismes de justice de transition au Burundi a achevé sa mission. Le rapport final sur ces consultations a été transmis le 22 avril dernier au gouvernement du Burundi et au représentant exécutif du secrétaire général des Nations Unies au Burundi, ont déclaré mardi à Bujumbura les membres du Comité au cours de leur dernière conférence de presse.

"On attend aujourd'hui la cérémonie de présentation officielle du rapport par le chef de l'Etat burundais pour divulguer le contenu de ce rapport. Il était prévu la restitution et la diffusion de ce rapport à Ngozi, Gitega, Bururi et Bujumbura mairie dans la semaine du 10 au 15 mai 2010. Mais cela ne sera possible qu'après la publication officielle du rapport qui dépendra de l'emploi du temps du président de la République", selon le président du CPT, M. Festus Ntanyungu.

D'après l'une des représentantes de la société civile dans ce Comité, Mme Eulalie Nibizi, le CPT a apprécié d'une part l'enthousiasme de la population face aux consultations. Elle a aussi apprécié l'honnêteté et la sincérité des gens qui ont participé aux consultations. La population s'est exprimée de manière sincère, indépendamment de toute tendance.

Nous avons invité toutes les tendances, à savoir les personnes marquées par la crise, des personnes marquées par la politique et celles marquées par le souci de sortir de la crise. Les tendances dominantes montrent que les Burundais veulent sortir de la guerre, veulent la paix, la justice et mettre fin à l'impunité.

Nous avons été profondément marqués par les consultations de la diaspora. Au-delà de toutes les tendances, ils ont donné leurs avis, ils ont été sincères et ils ont recommandé que ce qu'ils ont dit soit appliqué comme tel dans les actes qui mettront en place la Commission Vérité et le Tribunal spécial. Ils ont dit enfin mais avec une peur de voir un jour se réaliser ce qu'ils ont proposé , a précisé Mme Nibizi.

Elle a souligné que les Nations Unies représentées ici par le secrétaire exécutif du secrétaire général des Nations Unies et le gouvernement du Burundi représenté par le chef de l'Etat sont priés de respecter les avis de la population et de tenir compte de ses recommandations dans la mise sur pied du double mécanisme de justice de transition.

Ceux de l'intérieur, les paysans qui sont d'habitude supposés qu'ils ne s'expriment pas à haute voix se sont exprimés à haute voix. Ils ont demandé que ce qu'ils ont dit soit reflété dans les actes fondateurs du double mécanisme de justice de transition. De plus, l'échantillon n'était pas manipulé. Des gens qui ne s'attendaient pas d'être invités à des rencontres officielles ont participé aux consultations. Ils ne connaissaient pas le contenu du questionnaire et personne ne pouvait les influencer.

"Nous sommes satisfaits, mais la satisfaction sera entière lorsque nous verrons que ces recommandations auront porté des fruits", a-t-elle conclu.

A la question de savoir si les dirigeants burundais ne risquent pas de conserver le rapport dans les tiroirs et s'il y aurait une date limite pour la publication du rapport et la mise en ouvre du contenu du rapport, Mme Françoise Ngendahayo, une des représentantes du gouvernement au CPT, a dit que le rapport n'est pas une propriété du gouvernement. C'est une copropriété des Nations Unies, de la société civile et du gouvernement. Aucun organe ne peut avoir la latitude de le mettre sous embargo sans l'accord des deux autres. Sans devancer les recommandations, elle a dit qu'il y a dans le rapport une recommandation dans le sens de la mise sur pied d'un comité de suivi chargé de la mise en ouvre du contenu du rapport et des recommandations du CPT.

Le rapport est présenté sous forme d'un livre de 94 pages en français et de 67 pages en kirundi.

Du point de vue de la forme, il comprend l'introduction qui traite du processus de la justice de transition au Burundi depuis l'Accord d'Arusha jusqu'aux consultations nationales. La première partie met en exergue les concepts et la méthodologie. La deuxième partie présente et analyse les résultats des consultations nationales.

Du point de vue du fond, le livre indique notamment comment les participants aux consultations nationales ont répondu aux questionnaires qui portaient sur six thèmes, à savoir la période à prendre en compte pour la justice de transition, le mécanisme de la recherche de la vérité, les réparations, le mécanisme de poursuites judiciaires, la réforme des institutions et l'avenir du Burundi.

L'analyse des résultats se termine par des conclusions qui reprennent les vues exprimées par les participants sur les six sujets. A partir de ces conclusions, le CPT a formulé, à l'intention du gouvernement du Burundi et des Nations Unies, des recommandations concernant la mise en place des mécanismes de justice de transition au Burundi. Le taux de participation à ces consultations a été de 80%, note-t-on.