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 Actualité

Le régime démocratique burundais actuel est-il un système dont la caractéristique principale est le blocage des institutions ?
Le 02 Avril 08


(Source): Journal de la Force de Défense Nationale (FDN) - Rumurikirangabo N° 014 - Mars 2008.

Par Serge NIZIGAMA


C’est une question que tout simple citoyen se pose depuis plus de deux ans. Le régime CNDD-FDD avait à peine une année quand il y a eu montage d’un faux coup d’Etat qui a entraîné l’emprisonnement des personnalités ciblées par le pouvoir, en tête desquelles se trouvait l’ancien Président de la République Domitien NDAYIZEYE. Il s’en est suivi un traitement inhumain et dégradant de l’ancien vice-président Alphonse Marie Kadege et ses compagnons d’infortune, col Ndarisigaraninye Damien et Déo Niyonzima. Les journalistes qui ont eu à traiter le dossier ont subi le sort des victimes.

Comme l’impunité semble avoir été érigée en mode de gouvernement, les auteurs du montage qui pourtant, s’est avéré un vrai faux coup d’Etat ne se sont jamais inquiétés outre mesure.

Février 2007, le parti au pouvoir organise un congrès extraordinaire et chasse de la présidence du patri l’honorable Hussein Radjabu qui était considéré à tort ou à raison comme l’incarnation du mal burundais depuis les élections générales de 2005. Après avoir été dépouillé de son immunité, l’honorable Hussein Radjabu fut arrêté et emprisonné depuis Avril jusqu’aujourd’hui avec comme chef d’accusation : atteinte à la sûreté de l’Etat. Ce fut le début des chicanes et des divisions au sein du parti au pouvoir, faisant que ce même parti n’ait plus la majorité à l’Assemblée Nationale. Ainsi les partis FRODEBU, UPRONA et CNDD s’allièrent aux parlementaires du CNDD-FDD pro Radjabu pour créer un blocage à l’hémicycle de kigobe pour obliger le gouvernement à respecter le prescrit de l’article 129 de la Constitution. La promesse a été faite dans ce sens pour limoger l’honorable Immaculée NAHAYO de la présidence de l’Assemblée Nationale mais elle n’a pas été respectée après.

Le blocage persista sans répit et la question du Docteur Martin Nduwimana s’en est mêlée. Avec le retour de l’honorable Alice Nzomukunda comme premier vice président de l’Assemblée Nationale suivi de la nouvelle formation du gouvernement en novembre 2007 dans le respect de la Constitution, tout le monde commençait à voir l’espoir se pointer à l’horizon.

Mais encore une fois, au début de cette année, le congrès extraordinaire du CNDD-FDD se réunit à Muyinga et chasse l’honorable Alice NZOMUKUNDA du parti CNDD-FDD et ipso facto du bureau de l’Assemblée Nationale, difficilement mais certainement. Le problème NZOMUKUNDA a donné naissance aux problèmes NGEZEBUHORO de l’UPRONA et KIGANAHE du FRODEBU. De nouveau, nous vivons un blocage institutionnel, car les travaux sont bloqués à l’Assemblée Nationale, les Députés refusent de siéger pour des raisons non encore éclaircies.

Quelqu’un ne croyait pas si bien dire quand il avançait que les burundais sont spécialistes dans la recherche des problèmes aux solutions.

Alexandra David Néel, exploratrice française disait : « Il faut être très fort, ou très stupide ou complètement usé pour être indifférent. » Partant de ce qui précède, toute personne de bonne foi devrait briser son indifférence pour que cette situation finisse pour l’intérêt national. La balle est lancée dans le camp de nous tous, car tout burundais doit apporter sa pierre pour reconstruire le pays ; ce dernier nous appartient tous. Personne n’est autorisé à être indifférent.

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