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 Actualités

CNDD-FDD : est-il prêt à assumer les résultats des élections ?
(Par Déo NIYONKURU)  
 Le 23 mars 10

La fièvre électorale, des secousses de tous genres, des critiques parfois injurieuses, des tribulations multiformes, des arrestations arbitraires… Ces faits saillants dominent l’environnement sociopolitique du Burundi au cours de ce premier semestre 2010.

A la veille des élections de 2010, le peuple burundais est plus traumatisé que dans le passé ; la milice du CNDD-FDD menace sans cesse de le massacrer en cas de défaite du Parti au Pouvoir. Ces menaces et intimidations permanentes proférées par le Pouvoir CNDD-FDD et sa milice (IMBONERAKURE) provoquent une panique généralisée surtout au sein de la masse paysanne dont certains membres ont déjà pris fuite vers les pays limitrophes. Pratiquer une telle politique à l’égard d’une population innocente prouve à suffisance que le Pouvoir CNDD-FDD n’a plus rien à offrir à ses militants. Pas un programme politique ou un projet de société !

A la question de savoir si le CNDD-FDD est prêt à assumer le résultat des élections, la réponse est : Non.  En effet, le CNDD-FDD  a peur des élections et il a déjà mis en place une kyrielle de mesures et de moyens qui lui permettront de tricher ou de fausser les résultats des élections en cas de défaite…Cette sinistre mission sera accomplie par le commando de la mort composé essentiellement des IMBONERAKURE et des agents de la COMPAGNIE DE GARDIENNAGE ET DE PREVENTION. C’est une nouvelle branche armée du CNDD-FDD à la solde des dirigeants politiques et militaires qui vont être démocratiquement chassés du pouvoir à travers les prochaines échéances électorales. Malgré cette campagne d’intimidation et de menaces initiée par la Parti au pouvoir ainsi que l’existence de cette branche armée, le Parti CNDD-FDD éprouve une peur bleue du verdict populaire.

En jetant un coup d’œil sur les rapports qui existent entre la direction du CNDD-FDD et sa base, il y a lieu d’affirmer que le cordon ombilical n’existe pratiquement plus depuis la tenue du Congrès de la Honte (Ngozi 07/02/2007). En réalité, les militants du CNDD-FDD ne se reconnaissent jusqu’à ce jour qu’en un seul chef légitime et charismatique : Hussein RADJABU. C’est pourquoi depuis cette date, ce Parti n’est qu’une coquille vide que ce soit en Mairie de Bujumbura ou ailleurs sur le territoire burundais. De l’Est à l’Ouest, du Nord au Sud, le CNDD-FDD n’existe que de nom et ceux qui y croient encore, n’y sont  que pour endormir leurs dirigeants de peur de perdre les avantages matériels dont ils bénéficient.

• A Muyinga par exemple, les militants du CNDD-FDD sont partagés entre l’UPD et le FNL et, dans une moindre mesure, le FRODEBU.
• A Kirundo, excepté dans l’une ou l’autre commune de cette province.
• A Muramvya comme à Gitega, le CNDD-FDD risque d’occuper  la 3ème place.
• A Gitega, les militants sont divisés : ils ne supportent pas la présence d’un Gouverneur qui n’est pas originaire de cette province arguant que Gitega regorge de cadres hautement qualifiés pour assumer de hautes charges telles que les fonctions de Gouverneur.
• A Makamba, comme à Bururi, le CNDD-FDD se classerait  en dernière position après le CNDD (Nyangoma), l’UPD, le FRODEBU et l’UPRONA.
• Au Sud du pays, La population n’oubliera jamais la fusillade des scouts de Makamba et des membres du Parti UPD à Nyanza-Lac, etc.

Il en est de même dans presque toutes les autres provinces du pays. Voilà ce qui fait frémir le Parti au Pouvoir. C’est une triste réalité pour un Parti qui avait gagné les élections avec plus de 60%. Afin d’éviter une éventuelle démobilisation de ce qui lui reste comme membres effectifs, la Présidence de la République a chargé le Service National de Renseignements qui est malheureusement composé de cadres sans formation appropriée, incompétents et inexpérimentés, d’organiser discrètement un sondage d’opinion. Le travail a été fait mais ne reflète aucune réalité sur terrain : les résultats obtenus donnent la victoire à Pierre NKURUNZIZA ! Le pauvre Président ainsi que son entourage y croient, excepté le Président du CNDD-FDD, le Colonel démobilisé Jérémie NGENDAKUMANA ainsi que le Groupe d’Intellectuels de Gitega qui, comme d’aucuns le savent, va se désolidariser du candidat Pierre NKURUNZIZA au cas où il n’accepterait pas qu’il y ait d’autres candidatures à côté de la sienne lors du Congrès qu’il se propose d’organiser prochainement pour désigner le candidat du CNDD-FDD aux présidentielles de 2010. Ils ont compris de bonne heure que l’heure a sonné pour réanimer le CNDD-FDD. Et il n’y a qu’Hussein RADJABU qui est capable de donner une impulsion nouvelle à ce Parti moribond.     Donc, au lieu de se focaliser sur la popularité de l’un ou l’autre Parti de l’Opposition, le CNDD-FDD devrait plutôt mettre de l’ordre dans ses rangs à commencer par ses organes de base qui sont incapables d’organiser des mini-congrès pour se préparer aux prochaines échéances électorales. Au lieu de s’offrir gratuitement 60 %, donc une victoire écrasante au premier tour, le CNDD-FDD ferait mieux de s’atteler préalablement à l’éradication des germes  qu’il a lui-même produits et qui le rongent impitoyablement.

Et pour concrétiser rapidement ce vœu ardent des burundais, l’UPD vient d’aligner une candidate de taille à l’élection présidentielle de juin 2010. Il s’agit bel et bien de Madame Pascaline KAMPAYANO. C’est un personnage intègre et suffisamment rôdé en matière de politique nationale et internationale. Elle est pleine d’énergie et de détermination nécessaires pour sauver le Burundi. Elle promet de travailler en étroite collaboration avec tous les burundais sans distinction aucune en vue de promouvoir la paix et la sécurité pour tous, d’initier et de consolider un développement harmonieux, intégral et durable afin que le Burundi soit mis rapidement au diapason des pays émergents. Une alliance conjoncturelle responsable et solide reste donc la seule voie obligée pour mettre fin rapidement à ce régime dictatorial sanguinaire et rétrograde. L’Opposition ne doit plus verser dans la cacophonie et des accrochages stériles. Unis, nous vaincrons d it-elle. Et tel devrait être le slogan de l’Opposition après les élections communales.