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 Actualités

Assemblée générale de l’UPD: "Pas de charrues avant les bœufs"
(Source: Iwacu Burundi)  
 Le 26 décembre 09

Mr Chevineau Murwengezo
L’UPD s’y prend autrement. Son candidat aux présidentielles de 2010 sera connu en février de la même année. Entre temps, son porte-parole, Chevineau Murwengezo, est désigné comme directeur de campagne. Il promet de bien collaborer avec les autres formations politiques.

Quel est votre sentiment après avoir été désigné comme directeur de campagne?
C’est un sentiment tout à fait naturel, inhérent à l’espèce humaine. C’est la joie et l’enthousiasme. Ma désignation est aussi pour moi une fierté. Les gens regroupés au sein du Conseil consultatif se sont convenus sur ma personne pour occuper cette fonction. Je trouve que c’est une marque de confiance.

Vous êtes nommé au moment où une sorte de tension règne entre votre parti et les autorités du ministère de l’Intérieur. Serez-vous à la hauteur de la tâche vous confiée ?
C’est une lourde tâche qui m’oblige à me déployer pour que je sois à la hauteur. Ceux qui m’ont désigné ont reconnu mes compétences. Je pense que je ne vais pas les décevoir. Et la collaboration sera bonne avec le ministère de l’Intérieur à moins qu’il ne nous tende des pièges.

Selon vous, pourquoi le ministère de la Sécurité publique n’a pas déployé des forces de l’ordre alors qu’il était au courant de la tenue de votre Assemblée ?
Nous avons été surpris comme tout le monde. Normalement, quand le ministre de l’Intérieur donne la permission, il informe son collègue de la Sécurité Publique. Le déploiement est automatique. Je trouve qu’il nous a jeté dans la gueule du loup. Le pouvoir voulait nous provoquer. Heureusement que nos militants sont prudents et conscients de leur sécurité. J’estime que c’est une décision délibérée du pouvoir.

Vous êtes en même temps Secrétaire national à la communication, information et porte-parole du parti. Ne s’agit-il pas d’un cumul de fonctions ?
Le conseil seul qui s’est prononcé à ma faveur sait pourquoi il a opté pour cette décision. Mais je trouve que ce n’est pas un cumul. Tout s’est fait dans l’objectif de faire évoluer le parti. Je dois vous dire que la fonction de directeur de campagne, c’est pour peu de temps car les élections ne vont pas durer éternellement ! Cela ne va pas m’empêcher d’exercer mes fonctions. Toutefois, s’il s’avère que ce "cumul" peut avoir des répercutions sur la vie du parti, je serai le premier à le signaler.

Pourquoi l’UPD a-t-il commencé par désigner le directeur de campagne avant le candidat aux élections de 2010 ? Stratégie ou contrainte ?
L’organisation varie d’un parti à un autre. Si certaines formations ont jugé bon de commencer par présenter les candidats, c’est leur choix. A l’UPD, nous avons trouvé utile de respecter les étapes. La priorité au sein de notre parti est de mettre en place une structure qui se charge de préparer et d’organiser les élections. C’est une étape que nous avons jugé importante et fondamentale. Nous avons plutôt évité de mettre les charrues avant les bœufs. Donc, nous sommes partis de la base.

D’aucuns estiment que l’UPD a brûlé les étapes…
En aucun cas. Contrairement aux autres formations politiques, nous avons suivi la chronologie des programmes. Nous avions prévu depuis longtemps que nous allions débuter à la base. Avant le choix du candidat, il y a d’autres étapes préalables. A voir comment d’autres partis politiques ont procédé, on dirait que cette étape n’est pas indispensable. A l’UPD, nous devons bâtir sur des soubassements solides. La commission chargée de la propagande va se pencher sur toutes les questions en rapport avec les élections. Le candidat présidentiel est le fruit d’une longue préparation et le fruit de l’aboutissement d’un long processus. Si des gens commencent par l’aboutissement, je pense qu’ils sont mal partis.

On parle d’une possible coalition avec le parti Sahwanya FRODEBU, que même des compromis seraient déjà signés.
Il n’y a pas que le parti Sahwanya FRODEBU seulement. On raconte également des coalitions avec les partis FNL, MSD, etc. C’est de bonne guerre. Par rapport à notre programme, aucune coalition n’est possible avant les premières élections, c’est-à-dire les élections communales. Même s’il advenait que cette coalition se réalise, c’est avec des préalables. Nous allons attendre les communales pour dégager la stature, l’envergure de chaque parti. Il faut avoir une même vision et une même compréhension de l’organisation étatique. En plus, il faut qu’il y ait une certaine convergence par rapport aux préoccupations du peuple burundais.

Comment comptez-vous travailler avec d’autres partis politiques pour que les élections soient paisibles ?
Au quotidien, nous sommes en bons termes avec d’autres formations. En témoignent les échanges qui existent déjà entre nous et ces dernières. Nous ne sommes pas donc isolés et nous allons continuer dans la même voie.

Certaines sources fiables indiquent que le futur candidat est une haute personnalité du CNDD-FDD. Qu’en dites-vous ?
Vous le savez très bien d’ailleurs plus que moi que les informations de la rue présentent leurs propres caractéristiques. Personne parmi les hautes personnalités du parti présidentiel ne s’est adressé à nous pour solliciter une adhésion. Donc, tout ce qui est du CNDD-FDD, de l’UPRONA, des FNL, etc. appartient au CNDD-FDD, à l’UPRONA, aux FNL, etc. Nous ne pouvons nous mettre dans la peau de ces gens là. Toutefois, si le besoin se fait sentir pour l’un ou l’autre, les portes sont grandement ouvertes. Qu’elles soient les bienvenues.