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Les candidatures féminines au rendez vous, très opportunément et en force
(Source: Burundi Bwiza)
Le 25 avril 10
A la veille des élections générales prévues en 2010 au Burundi, les partis politiques déployant leurs batteries et rivalisent, aussi bien de savoir-faire que d'innovation, dans la tenue des congrès dédiés à la désignation de leurs candidats aux présidentielles de juin, dans l'objectif très clairement affirmé de tenir en échec la reconduction de Pierre NKURUNZIZA ou alors, l'élection du candidat du CNDD-FDD, s'il devait y avoir un autre, c'est un leurre, à la tête du pays, et d'offrir conséquemment, au peuple burundais tant meurtri par la très déplorable gouvernance actuelle, l'alternance et le changement dont il rêve et qu'il appelle de tous ses voux, du nord au sud et de l'est à l'ouest, en passant par le centre.
De tous les partis engagés dans cet exercice démocratique, deux ont agréablement surpris et séduit l'opinion tant nationale qu'internationale, en accordant, à de très fortes majorités des suffrages exprimés par les congressistes, leur confiance aux candidatures féminines pour les représenter au scrutin présidentiel du mois de juin prochain, brisant ainsi courageusement, à jamais, les mythes politiques et culturels multiséculaires exaltant la suprématie et la dictature surannées de "l'homme en permanence aux commandes" sur "la femme toujours confinée au foyer" et ouvrant de facto, en leur sein, de grands espaces où s'exerce une "démocratie sans frontières" qui consacre l'excellence et la compétence, en écartant toute référence aux considérations diverses qui ont longtemps et profondément divisé les burundais, à travers les pratiques d'exclusion politique, le genre y compris. Il s'agit nommément des partis UPD-Zigamibanga et de l'ADR d'une part, et des Honorables Pascaline KAMPAYANO et Alice NZOMUKUNDA, d'autre part.
Pour le cas très remarquable et spectaculaire de l'UPD-Zigamibanga, la Députée Pascaline KAMPAYANO, particulièrement imposante et charismatique, a, du fait de sa stature, de son expérience, de sa longévité et de son engagement politiques exceptionnels, remporté l'élection à plus de 82% des votes, sur son concurrent, Monsieur Alfred NDARIGUMIJE, après que quatre autres candidats, dont trois hommes, aient jeté l'éponge avant la tenue même du scrutin, convaincus honnêtement à l'avance qu'ils ne peuvent faire politiquement le poids face à cette militante historique et inlassable des nobles causes comme la lutte pour la démocratie, la liberté, la justice et l'égalité.
La joie manifeste et le ralliement immédiat de son challenger, Monsieur Alfred NDARIGUMIJE, aussitôt après la proclamation des résultats du vote des congressistes en disent très long sur la crédibilité, le sérieux et le pouvoir rassembleur de cette femme d'autorité et de caractère, débordante de maturité et de sagesse, brillante de patriotisme et d'efficacité politique et s'imposant aujourd'hui comme la "Margaret Thatcher" burundaise, n'en déplaise à ses détracteurs.
De l'avis des observateurs et analystes politiques sérieux, modernes et progressistes, les partis UPD-Zigamibanga et ADR viennent d'offrir une autre image du Burundi au monde, l'image d'une démocratie saine, libératrice et achevée, qui rompt définitivement avec la culture fortement enracinée des mythes et des tabous et ouvre désormais la voie à la réalisation de toutes les ambitions politiques, à l'ensemble des citoyens burundais, les femmes comprises. C'est une véritable révolution politique, sociale et culturelle, à la fois opportune et salutaire pour le Burundi, que des femmes aspirant ouvertement à conduire des affaires de l'Etat, au delà de leurs rôles traditionnels remarquablement secondaires et qu'il se trouve des hommes pour apprécier leurs compétences politiques, les y encourager et surtout, les élire. Que le Burundi soit donc dirigé par une femme, demain, c'est assurément opportun et plus que normal. C'est même une alternative décisive et intéressante après la série ininterrompue de malheurs politiques et sociaux économiques que les différents Chefs d'Etat, tous masculins, lui ont fait endurer, des siècles durant, de la monarchie à nos jours ; sur fond de tabous, de mythes et d'interdits au service de l'exclusion politique des uns ou des autres. Les burundais se souviendront, par rappel, que de très longs siècles durant, une infime minorité de ganwa a subtilement privatisé l'Etat, en instituant "un pouvoir incontestable fondé sur le mythe des semences". Le temps aidant et les évolutions se produisant, la population a ouvert les yeux et vu clair, avant de dénoncer et de faire tomber cette supercherie politique. Et la république est née, la res-publica, la chose publique, commune et partagée.
Des décennies durant encore, une minorité de tutsi du Burundi a institué et décrété "un pouvoir exclusive fondé sur le mythe de l'armée", en accréditant l'hypothèse de l'impréparation, voire de l'incapacité congénitale de la majorité démographique hutu à servir dans l'armée et à diriger le pays. Le combat populaire contre la dictature et la tyrannie, exprimé à travers la rébellion armée et la revendication démocratique, a fini par faire tomber le mythe de la suprématie tutsi et des coups d'Etat militaires, avant d'asseoir le triomphe de la démocratie pluraliste et de l'égalité des citoyens, en droits et en devoirs. Des siècles et des décennies durant, cette fois-ci, "le mythe du sexe" a toujours prévalu, dans la conduite des affaires de l'Etat, consacrant, quelle que fut ou soit l'ethnie du dirigeant, la primauté de la minorité masculine sur la majorité féminine sur base de considérations sociales et culturelles très rétrogrades.
Les burundais peuvent désormais faire le deuil de l'époque où il était interdit à la femme de manger la bonne nourriture, de consommer la bonne boisson, d'exercer les fonctions et les carrières nobles ou d'assumer publiquement son identité, ses aptitudes et ses ambitions.
Encore une fois, une occasion en or vient d'être offerte au peuple burundais et à la femme burundaise pour faire sauter, en juin prochain, le dernier mythe politiquement exclusif, celui du sexe ou du genre -c'est selon-, comme ils l'ont fait contre les dictatures ganwa et tutsi, en vue d'installer à jamais une « démocratie sans frontières » fondée sur l'égalité effective de tous les citoyens et la promotion des seules valeurs de moralité, de probité, de compétence, de patriotisme et d'efficacité. Ce n'est qu'à ce seul prix que le Burundi entrera définitivement dans le concert des nations civilisées, modernes, économiquement prospères et politiquement stables.
Si les "pères de la nation" ont systématiquement détruit le Burundi, soit économiquement, soit politiquement, soit culturellement ou socialement, une "mère de la nation", une "présidente-mère", peut bien reconstruire le pays, changer sa gouvernance, redonner espoir à son peuple et redorer son image à l'étranger. Plus qu'une possibilité, c'est une certitude.
Et en la matière, les références nationales, africaines et mondiales invitent à l'optimisme, à l'assurance, voire à l'admiration; pour le plus grand bien de l'humanité. L'ambition présidentielle de la femme burundaise, n'est-elle pas politiquement légitime, opportune, libératrice et bénéfique, à partir du moment où cette dernière a déjà exercé, en bonne gestionnaire et avec brio, toutes les fonctions électives, politiques, diplomatiques et techniques pourvues par la République, du chef de colline à la Présidence de l'Assemblée Nationale, en passant par les postes d'Administrateur communal, de Gouverneur de province, de Directeur Général, de Ministre, d'Ambassadeur, de Sénateur, de Député et de Vice-présidente de la République, du Senat et de l'Assemblée Nationale, sans oublier son rôle de plus en plus grandissant et déterminant dans la magistrature, dans les corps de défense et de sécurité et dans la société civile?
Il ne manque donc aux burundaises que le fauteuil présidentiel pour compléter le palmarès politique et fermer la marche des promotions possibles dans notre pays. Il revient aux femmes elles-mêmes, aux hommes progressistes et de bonne volonté et à tous les citoyens responsables, de militer pour l'égalité des chances dans l'accès aux opportunités publiques, notamment en revendiquant et en exigeant la "parité" hommes/femmes, au lieu de se mettre à "solliciter très humblement" auprès des "décideurs politiques masculins" le quota très modeste et régulièrement violé de 30%.
Plutôt d'être les éternelles bénéficiaires passives de la distribution masculine des postes et des opportunités, les femmes burundaises ont la possibilité actuelle de gérer et de distribuer elles-mêmes aux autres citoyens, les hommes compris, le pouvoir et les privilèges qu'il confère ne doit pas être une faveur pour les uns et un droit pour les autres ; c'est un droit sacré pour tous.
Parmi les nombreuses femmes méritantes, on pourrait citer celles qui ont, par leurs compétences, profondément marqué la société, dans la lutte contre la dictature militaire et l'exclusion politique et/ou dans l'exercice des fonctions républicaines. Il s'agit de Mesdames Immaculée NAHAYO, Pascaline KAMPAYANO, Sylvie KINIGI, Marina BARAMPAMA, Alice NZOMUKUNDA, Antoinette BATUMUBWIRA, Françoise NGENDAHAYO, Marguerite BUKURU, Marceline BARARUFISE, Beatrice HAVUGINOTI, Marguerite BARANKITSE et Eularie NIBIZI. Et elles ne sont pas les seules à mériter, par leur action, leur détermination et leur efficacité, l'estime, la confiance et le soutien de leur population.
En Afrique et dans le monde, l'on connait de grosses pointures politiques féminines qui ont fait et font toujours la fierté de leurs nations et de leurs peuples. A titre illustratif, l'on pourrait donner l'exemple de Mesdames Ruth Perry et d'Helen Johnson Sirliff, respectivement ex-Présidente et Présidente du Libéria, d'Agathe UWILINGIYIMANA, Premier Ministre assassinée du Rwanda, Rabiatou Sarah Diallo, la Présidente du Conseil National de Transition en Guinée Conakry, Angela Merkel, la Chancelière allemande, la Reine Victoria d'Angleterre, Margaret Thatcher, ex-Premier Ministre britannique, Edith Cresson, ex-Premier Ministre français, la reine Béatrice des Pays-Bas, Corazon Acquino et Gloria Aroyo, respectivement ex-Présidente et Présidente des Philippines, Christina Kirchner, Présidente de l'Argentine, Michèle Bachelet, ex-Présidente du Chili, Roza Otounbaeva, la Présidente intérimaire du Kirghizistan, Benazir Bhutto et Indira Gandhi, Premiers Ministres assassinées du Pakistan et de l'Inde, Yulia Timochenko, ex-Premier Ministre de l'Ukraine, Tzipi Livni, ex-Ministre des affaires étrangères d'Israël et Chef de l'opposition, Martine Aubry, Chef de l'opposition française, Madeleine Albright et Hillary Clinton, respectivement ex et Secrétaire d'Etat aux affaires étrangères, Winnie Madikisela Mandela et Myriam Makeba, Mama Africa, deux figures historiques et emblématiques de la résistance sud-africaine, la lauréate Kenyane du Prix Nobel de la Paix et la Présidente tunisienne de la Fédération Internationale des Droits de l'Homme.
Pour le cas du Burundi et contrairement aux autres femmes qui ont dû être parrainées, pour voir enfin un rayon de soleil à travers le dispositif politico-administratif très fortement masculine du pays, avant de tomber avec la chute de leurs appuis, la candidate de l'UPD-Zigamibanga aux présidentielles du 28 juin 2010, Madame Pascaline KAMPAYANO, est une Self Made Woman politique qui a bâti sa maturité, sa lucidité et sa popularité dans le combat, la douleur et la souffrance. Depuis près de 30 ans, un record de longévité politique au Burundi, hommes et femmes confondus, elle a parcouru le pays, l'Afrique et le monde, côtoyant les grandes figures politiques de la planète, pour plaider la cause de la liberté, de la démocratie et de la paix au Burundi ; surtout pendant la lutte politique et armée, de 1994 à 2003.
En 1993 et en 2005, elle a été élue Députée, soutenant tour à tour feu Président Melchior NDADAYE et Pierre NKURUNZIZA dont elle a été, on le sait, un des grands parrains pour la présidence de la République, avant que ce dernier ne la trahisse, avec 21 autres Députés illégalement radiés de l'Assemblée Nationale, dont trois d'entre eux, les Honorables Hussein RADJABU, Pasteur MPAWENAYO et Gérard NKURUNZIZA ont été jetés et maintenus arbitrairement en prison où ils croupissent jusqu'à date actuelle.
Comme après l'assassinat ignoble du Président Melchior et le coup d'Etat contre les Institutions démocratiques en 1993, la Députée Pascaline KAMPAYANO a, dès 2007, commencé à faire le tour du pays, de la sous-région et du monde entier pour dénoncer la dérive autoritaire du régime Pierre NKURUNZIZA, ses dérapages politico-institutionnels, ses scandales judiciaires, ses écarts diplomatiques et ses appétits financiers.
En excellente ambassadrice de la paix et de la bonne gouvernance politique et économique, elle a convaincu et été entendue puisque depuis, les pressions de toutes sortes ont jailli de partout, notamment des Nations Unies, de l'Union Européenne, des Etats Unis d'Amérique et de l'Union Interparlementaire, pour contraindre le gouvernement burundais à plus de justice, de transparence, de dialogue et de démocratie, dans la gestion des affaires de l'Etat, même si elles ont regrettablement buté sur son entêtement, au demeurant suicidaire.
L'autorité, l'indépendance d'esprit, la maturité, la détermination, l'expérience et la popularité politiques très éprouvées de la Députée Pascaline KAMPAYANO font de cette "dame de feu" au carnet d'adresses très bien garni et aux tentacules très larges le candidat idéal du peuple burundais à la magistrature suprême du pays. Plus qu'une femme, c'est une sommité politique au courage exceptionnel et au patriotisme spartiate qu'il faut soutenir comme telle. Elle maitrise parfaitement les rouages de l'Etat et les faiblesses de ses concurrents qu'elle a, pour certains, politiquement formés et vu évoluer.
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