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La police nationale au sommet des malversations économiques
(Source: Burundi Verite)  
 Le 03 Avril 09

Selon des sources bien informées, la Police Nationale du Burundi (PNB) regorge de grands larrons qui pillent le trésor national sans scrupule, sous la haute couverture des autorités de ce corps au plus haut niveau. Une malversation sans nom vient d’être mise à nu à la Direction Générale de la PNB où des sommes colossales ont été volées au Bureau Central des Traitements (BCT). Un groupe d’officiers supérieurs a gonflé les effectifs des policiers à plus d’un millier pour lequel il percevait les salaires depuis l’intégration des anciens combattants.

Général Bunyoni Alain Guillaume

Cette opération était organisée par le Général Mwumvaneza Jean Louis, chef de bureau du département social, le colonel Gervais Nibizi son adjoint, en connivence avec le Major Eric Niyonkuru responsable du BCT. Pendant plus de quatre ans, aucun contrôle n’a été effectué au niveau des listes de paie à tel point que pour des noms fictifs, l’Etat burundais a débloqué des millions par mois pour garnir les poches des individus.

En faisant une analyse de cette situation, on constate que ce cambriolage ressemble fort au vol organisé à la douane du poste frontalier Kanyaru-Haut. Sans la couverture des hautes autorités de l’Etat, pareils coups ne peuvent se réaliser aussi simplement. Que font les organes mis en place pour veiller à la bonne gouvernance ? Pourquoi ces retards dans le contrôle de gestion de la chose publique alors qu’il y a des rapports mensuels qui doivent être effectués à cet effet ? A voir de près ce vol, on se rend compte que dans presque tous les secteurs publics, de tels cas existent et on se demande pourquoi des institutions ont été mises en place si ce n’est que pour laisser les briguants dévaliser les caisses de l’Etat en toute tranquillité. A la police, remarquez que le vol du genre n’est pas le premier ! Rappelez-vous de la malversation sur la commande du haricot juste au début du règne Cndd-Fdd. Des millions de francs bu ont été détournés et le Directeur Général de l’époque, le Général Bunyoni Alain Guillaume ainsi que le Général Ngendakumana Léonard responsable de la logistique à l’époque, en sont les auteurs. Jusqu’à ce jour, ils n’ont jamais répondu pour ce crime économique à leur charge. En guise de remerciement, ils ont été promus en grades et en fonctions. Aujourd’hui, ils se la coulent douce sans s’inquiéter de rien comme s’ils étaient innocents. Pourtant, l’Inspection Générale de l’Etat et la Cour Anti-corruption sont là et font semblant de travailler pour s’en prendre aux petits voleurs pour percevoir chaque fin du mois des salaires exorbitants. N’est-ce pas une façon de les corrompre pour qu’ils se taisent et les laissent vider aisément le trésor public ?

- Comment peut-on croire à un simple vol quand facilement des gens gonflent les effectifs des policiers par milliers à l’insu du Ministre de la Sécurité Publique et du Directeur Général de la Police Nationale ?
- Est-ce que les salaires des policiers ne sont pas budgétisés chaque année ?
- Sont-ils tablés sur une fausse base ?
- Ces gens ne sont-ils pas enregistrés par région, garnison, poste et position ?
- Faut-il quatre ans pour compter une dizaine de milliers de personnes en uniforme ?
- Des gens qui sont nourris et habillés, comment peut-on se tromper pendant si longtemps sur leur effectif si ce n’est que sciemment pour des fins inavouées ?
Si des magouilles se sont opérées sur les salaires, il en est de même pour le ravitaillement en vivres et en biens. Tels effectifs ont été payés, les mêmes ont été ravitaillés. Une divergence en nombre aurait attiré l’attention des gestionnaires de bonne foi.

Le cas du chef du charroi à la Police Nationale du Burundi qui a tout pillé dans son service est très inquiétant à voir le nombre de moteurs volés. Les 23 millions déclarés en simulacre comme vol à la Direction Générale de la PNB ne sont qu’un indice sur la totalité du montant dilapidé. Derrière ce vol, il y a anguille sous roche car, la complicité des dirigeants de ce corps à commencer par le ministre est évidente. Autant dire que c’est une police de mafia. Tous ces cas prouvent à suffisance que le Parlement burundais a failli à sa mission de contrôle de l’action gouvernementale. Signalons qu’en plus du dossier "Commande du haricot" qui reste pendant, il y a un autre dossier d’une micro finance initiée par le Général Bunyoni au sein des policiers qui aurait fermé ses portes emportant avec lui l’argent des épargnants. Comme disait bien quelqu’un, « les jours d’un voleur sont comptés ». Donnons le temps au temps. Sûrement que les magouilles cachées aujourd’hui viendront au grand jour demain. Mais, à défaut d’un Parlement responsable et en attendant le résultat des investigations, le Ministre de la Sécurité Publique devrait rendre son tablier. Ça l’honorerait !