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L'Assemblée nationale du Burundi a adopté le budget 2010; malgré les controverses
Le 30 décembre 09
Au cours d’une séance plénière de 28 décembre 2009, les députés ont adopté le projet de loi portant fixation du budget général de la République du Burundi pour l’exercice 2010. Cette loi a été présentée par la Ministre des Finances, Mme Clotilde Nizigama.
Sur 109 députés, la loi a été adoptée par 99 députés tandis que 8 autres se sont abstenus.
Ce budget de fonctionnement de l'Etat burundais pour l'exercice 2010, fort controversé dans l'opinion, d'un montant global de quelque 861,5 milliards de francs burundais (environ 861,5 millions de dollars US), contre 846,5 milliards de francs burundais (environ 846,5 millions de dollars) en 2009.
Les ressources propres du budget 2010 s'élèvent à 728,9 milliards de FB (environ 728,9 millions de dollars), soit un déficit d'un peu plus de 132 milliards de francs burundais (près de 130 millions de dollars US) que l'Etat compte compenser par des hausses en cascade de prix à la consommation, alors que les mandataires de ce gouvernement continue à nous faire croire l'économie du pays va bien.
Les boissons alcoolisées, le sucre, le carburant, les passeports, le permis de conduire et autres plaques d'immatriculation pour véhicule sont appelés à connaître des augmentations considérables de coût pour combler le déficit. A titre illustratif, l'augmentation la plus spectaculaire va frapper le passeport ordinaire dont le coût passe de 50.000 francs burundais (près de 50 dollars US) à 210.000 francs burundais (environ 210 dollars US) dans le budget 2010.
L'Etat burundais prévoit, en outre, de financer le déficit par des avances de la Banque centrale et des bons du Trésor public. La Cour des comptes du Burundi avait donné le ton en critiquant la méthode de recourir aux avances pour financer le déficit budgétaire en violation des statuts de la Banque centrale. Des critiques ont également fusé de l'intérieur même de l'Assemblée nationale sur des questions de fond et de forme.
Les députés en ont également eu après la ministre des Finances, Mme Clotilde Nizigama, qui aurait justifié la hausse du prix du sucre par le fait qu'il s'agissait d'une "denrée de luxe".
Les députés eux aussi n'ont cependant pas échappé aux critiques, d'autant que peu avant le vote du budget 2010 à l'Assemblée nationale, ils avaient pris le soin de s'octroyer des indemnités de fin de mandat de l'ordre de trois mois du salaire de fonction, contre quatre mois pour les membres du gouvernement.
Le chef de l'Etat burundais, Pierre Nkurunziza, n'a pas non plus échappé à ce débat houleux en se rangeant, mardi, du côté de ceux qui vont recevoir des indemnités de départ comme cela a toujours été le cas sous d'autres législatures. Un budget, logé à la présidence de la République, de l'ordre de 2 milliards de francs burundais (près de 2 millions de dollars US) qui serait destiné à récompenser les "bonnes oeuvres" des citoyens, n'est pas non plus du goût des contribuables.
Le Sénat doit encore se pencher sur le projet de budget avant sa promulgation par le chef de l'Etat.
La veille du vote de la loi de finances, l'Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques, OLUCOME, était monté au créneau pour appeler les députés à ne pas approuver une tel budget.
Le président de l’OLUCOME, Mr Gabriel Rufyiri, s’est inscrit en faux contre les irrégularités observées au niveau du projet de budget général de l’Etat, exercice 2010. Selon Mr Rufyiri, le gouvernement continue à injecter beaucoup de fonds dans les services généraux (services de consommation) au moment où les services de production comme l’agriculture sont presque abandonnés bien qu’ils font vivre plus de 90% de la population burundaise. L’OLUCOME a indiqué que globalement, le crédit alloué au budget des services généraux équivaut à 52% du budget global alors que les services économiques (productifs) ont seulement 11%.
Cet observatoire a déploré la mesure de régularisation des ex-présidents et ayants droit pour un montant de 3.655.218.434 FBu alors que ce ne sont pas eux qui sont plus pauvres dans ce pays. Il a trouvé qu’il s’agit d’une mesure à décrier du fait que ces derniers bénéficient de ces avantages colossaux au moment où ils ont déjà acquis d’autres avantages énormes comme le privilège d’être sénateur à vie.
Le président de l’OLUCOME a estimé que comme le trésor public ne dispose pas de montants aussi importants, c’est toujours le petit peuple qui va continuer à serrer sa ceinture pour que ces élus et d’autres dignitaires soient rassurés de leur avenir meilleur. En témoigne l’augmentation des prix de certains services tels le prix d’un permis de conduire qui devrait passer de 5.000Fbu à 50.000FBU, du prix du passeport ordinaire qui va passer de 50.000Fbu à 220.000FBU.
De son côté, l’Observatoire de l’Action Gouvernementale recommande au Sénat de reconsidérer le vote de cette loi en tenant compte de la paupérisation qui meurtrit le peuple burundais.
Pour sa part, l’Association Burundaise des Consommateurs (ABUCO) considère que la revue à la hausse du prix du passeport ôte au citoyen burundais la liberté de circuler alors que le pays s’ouvre à l’intégration régionale.
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