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Voici l’interview qu’a réalisé notre confrère
de Info Burundi Net avec le Major Jean Bosco NSABIMANA alias Maregos
Le 29 décembre ‘07
Maregarege :
"J’ai exécuté des missions me confiées par le Général NSHIMIRIMANA
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Depuis un
certains temps, le Burundi est secoué par une vague de tueries, vols, viols et
autres coups sans nom. La population accuse les policiers, notamment ceux du
Service National des Renseignements dirigé par le Général Major Adolphe
NSHIMIRIMANA d’être derrière l’organisation et l’exécution de ces actes
criminels. L’agent de ce service qui fait couler beaucoup d’encre, de salive et
surtout de larmes en ce moment s’appelle Major Jean Bosco NSABIMANA
(alias MAREGAREGE ou MAREGOS). C’est un officier issu des rangs des ex-FDD,
branche armée affiliée à l’actuel parti au pouvoir, le CNDD-FDD.
De sa cachette quelque part au Burundi, le Major Jean Bosco NSABIMANA
(alias MAREGAREGE ou MAREGOS) nous livre sa version des faits :
Tueries, vols et autres coups
INFO-BURUNDI.NET (IB) : Major
Jean Bosco NSABIMANA, bonjour. Le Service National des Renseignements (SNR)
est accusé de perpétrer des actes criminels dans le pays. Entant qu’Officier
Supérieur de cette police présidentielle, votre nom a été associé à beaucoup de
cas de tueries, vols et autres forfaits. Pouvez-vous nous en dire quelque chose
?
MAREGAREGE (MAR) : Bonjour.
Effectivement comme vous le dites, je suis un Officier Supérieur du Service
National des Renseignements. Je ne sais pas d’où vous tirez ces allégations
comme quoi j’aurais commis des forfaits dans le pays. Je n’exécutais que des
missions me confiées par le Service National des Renseignements. Je ne suis pas
en mesure de vous détailler sur les missions du Service National des
Renseignements, car certaines relèvent du Secret d’Etat. Avant d’être rappelé
par le Général Major Adolphe NSHIMIRIMANA pour regagner le Service
National des Renseignements, j’étais chargé de la Protection Rapprochée de
l’actuel Président de l’Assemble Nationale.
IB : Pouvez-vous nier être
impliqué dans tous ces forfaits criminels ?
MAR : Je n’ai commis aucun forfait !
Tout remonte du moment où le parti CNDD-FDD et l’Assemblée Nationale ont connu
des changements au niveau de leurs présidences respectives. Le Service National
des Renseignements m’a confié la tâche de recueillir des renseignements sur
toutes les personnes qui n’épousaient pas les changements et d’inventorier les
biens du parti CNDD-FDD. J’ai collaboré étroitement avec les officiers ex-FDD de
haut rang au niveau de la Police Nationale (PN) ainsi que ceux de la Force de
Défense Nationale (FDN).
IB : Vous avez été incarcéré
dernièrement à MPIMBA pour avoir volé une moto. Quelques mois plus tard, vous
avez été relâchés alors que la Justice ne s’était pas encore prononcée sur votre
cas. Une fois en liberté, vous avez été réintégré dans le Service National des
Renseignements et confié un poste de grande responsabilité dans la Mairie de
Bujumbura. Tout le monde a trouvé cela bizarre et inadmissible. Et vous ?
MAR : Tout d’abord, je ne suis pas
voleur. Je le dis et le répète ! Il n’y a pas eu de moto volée. C’est un alibi
que nous avons monté de toutes pièces au niveau du Service National des
Renseignements pour que je puisse m’introduire à MPIMBA et me déguiser comme un
détenu pour effectuer des missions secrètes.
IB : Nous allons revenir sur
votre séjour à Mpimba. Parlez-nous d’abord des nouvelles armes réceptionnées
récemment par le Service National des Renseignements. En seriez-vous l’un des
bénéficiaires ? Si oui, est-ce celles-là que vous avez utilisées dernièrement
pour dévaliser une banque dans la province de Rutana ?
MAR : Primo, il n’est pas un secret
pour personne que j’ai eu des nouvelles armes, dont un pistolet et trois
chargeurs. Mes autres collègues du Service National des Renseignements en ont
aussi bénéficiées. Au moment venu, je vais les dénoncer.
Secundo, je n’ai dévalisé aucune banque. Je stigmatise les propos du
porte-parole de la Police Nationale. Cette personnalité ne connaît rien des
activités du Service National des Renseignements. J’étais envoyé en mission à
Rutana par le Général Major NSHIMIRIMANA. J’ai même des documents à
l’appui pour le prouver pour des besoins d’enquêtes.
Ayant constaté que nous connaissions tout sur des forfaits qu'il organisait, le
Général Major NSHIMIRIMANA a cherché à nous éliminer pour effacer des
traces. C'est ainsi qu'il nous a envoyé d’autres agents du Service National des
Renseignements pour nous tuer.
Je refuse d’être accusé de tous les mots, de jouer un pion et de mourir comme un
chien alors que le commanditaire de tous ces actes se la coule douce. Je suis
maintenant prêt à tout dévoiler et avertir tout le pays contre l’esprit animal
du Général Major NSHIMIRIMANA.
Mission d’assassiner l’Hon. RADJABU à MPIMBA et montage de la cassette
audio
IB : Vous dites que vous étiez
chargé de recueillir des renseignements sur toutes les personnes qui
n’épousaient pas les changements au sein du CNDD-FDD et d’inventorier les biens
de ce parti. Pouvez-vous détailler, SVP ?
MAR : Justement, j’ai été envoyé par
le Service National des Renseignements chez le domicile de l’Honorable
Hussein RADJABU avec la mission de récupérer les biens et autres avoirs du
parti CNDD-FDD. Je devais aussi confisquer les véhicules qui se trouvaient chez
lui.
Au fond de moi-même, je savais que ces véhicules n’appartenaient pas au parti
CNDD-FDD. J’ai hésité un moment. Mais j’ai fini par accepter à cause de la
pression grandissante du Général Major NSHIMIRIMANA et celle des autres
officiers ex-FDD de la Police Nationale, de la Force de Défense Nationale ainsi
que celle des nouvelles autorités du parti CNDD-FDD issues du Congrès de Ngozi.
Je coordonnais des opérations sur place avec plusieurs officiers ex-FDD.
IB : Parlez-nous de votre
séjour mystérieux dans la prison centrale de MPIMBA.
MAR : C’est le Général Major
NSHIMIRIMANA en personne qui m’a envoyé fouiller l’Honorable RADJABU
à MPIMBA et surveiller ses mouvements.
Quelques jours après, le Général Major NSHIMIRIMANA m’a donné la mission
d’assassiner l’Honorable RADJABU. C’est à partir de ce moment que la
conscience a commencé à me travailler. Puisque j’étais impliqué dans les
opérations à l’encontre de l’Honorable RADJABU, je savais qu’il était
innocent. Au départ, il fallait seulement le faire taire en l’emprisonnant et
lui privant tout contact avec l’extérieur. Nous n’avions jamais discuté
auparavant des missions de l’éliminer physiquement. J’ai alors trouvé toutes les
excuses pour montrer qu’il était impossible de tuer l’Honorable RADJABU.
A MPIMBA, J’étais toujours en missions de travail du Service National des
Renseignements. C’est dans ce contexte qu’il faudrait placer ma nomination au
poste de Chef des Renseignements dans la Commune urbaine de ROHERO, aussitôt
sorti de la prison.
IB : Une cassette audio
incriminant l’Honorable Hussein RADJABU avait surgi et disparu
immédiatement d’une façon mystérieuse. Le Ministère Public avait trouvé en cet
enregistrement sonore un alibi pour faire incarcérer cet Elu du peuple qui
croupit actuellement en prison sans jugement pour atteinte à la sûreté de
l’Etat. L’opinion soupçonne la main invisible du Service National des
Renseignements derrière ce coup. Qu’en dites-vous ?
MAR : Quelle atteinte à la sûreté de
l’Etat ? Quel Etat d’abord ! Il s’agit d’un montage purement et simplement de
notre service. C’est moi-même et le Chef de Cabinet du Service National des
Renseignements, le Colonel Jean Bosco NGENDANGANYA, qui avons
confectionné cette cassette audio. Nous avons eu un coup de main du Conseiller
Juridique du Service National des Renseignements et celui de l’officier du
Ministère Public prénommé CHARLES. Ce dernier était déplacé par un
véhicule de marque RAV4 lui alloué par notre service. Si je feuillette dans mes
documents, je peux même donner le numéro immatricule de la plaque.
Tortures des faux putschistes
IB : Vous êtes aussi pointé du
doigt comme étant le cerveau derrière les montages dans le dossier du faux
putsch contre l’ancien président NDAYIZEYE et son ancien président
KADEGE. Une grande partie de l’opinion est de l’avis que l’ancien président
KADEGE était torturé par le Service National des Renseignements. On dit
aussi que la cassette audio arborée par le Service National des Renseignements
pour incriminer ces faux putschistes était un montage du Service National des
Renseignements. Quelle est votre réaction ?
MAR : Effectivement, l’élément sonore
attribué à l’ancien président KADEGE et consorts était aussi un montage
du Service National des Renseignements. J’en connais les auteurs et les
dénoncerai le moment venu. J’affirme aussi que ces innocents faux putschistes
ont été sérieusement battus par le Service National des Renseignements. Mais
tout cela a été fait sous les instructions du patron du Service National des
Renseignements, le Général Major NSHIMIRIMANA.
Denier mot…
IB : Auriez-vous un dernier
mot à dire à nos lecteurs ?
MAR : Je vous remercie de m’avoir
accordé cette occasion pour éclairer l’opinion sur les actes criminels perpétrés
dans le pays. Les détracteurs qui m’incriminent comme quoi je suis voleur sont
ceux-là mêmes qui cherchent à se protéger en m’accusant de tous les mots. J’ai
exécuté des missions me confiées par le Général Major Adolphe NSHIMIRIMANA,
quelques officiers ex-FDD de la Police Nationale ainsi que ceux de la Force de
Défense Nationale. D’ici peu, toute la vérité sera connue du public. Je refuse
d’être un bouc émissaire !
IB : Au nom de toute l’équipe
d’INFO-BURUNDI.NET et ses lecteurs, je vous remercie.
MAR : C’est moi qui vous remercie.
Note de la Rédaction :
MAREGAREGE nous a livré d’autres faits très accablants et sensibles que l’on
peut qualifier de Secrets d’Etat et qui risqueraient de faire sauter plusieurs
institutions et hautes personnalités du pays, à commencer par la Présidence de
la République Burundaise. Après étude et analyse minutieuses, nous les avons
retiré de l’entretien mais gardé pour d’autres fins utiles. D’où ce léger retard
de publication de cette interview.
Burundi Transparence
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