Burundi Transparence
main image
shadow shadow

 Actualités

La ministre des finances lance une véritable bombe à retardement
(Source Agence Net Press     Le 30 oct.-07

Là où d'autres plénipotentiaires comme elle auraient utilisé des formules creuses proches de la langue de bois, du genre « peut-être il se pourrait que les salaires pourraient être relevés à condition que », la ministre des finances a été claire et nette, à savoir que les 34% d'augmentation salariale n'auront pas d'effets rétroactifs. Voilà donc le chef de l'Etat, une fois de plus au pied du mur et sommé, dans les prochains jours, de reconnaître que la promesse faite aux fonctionnaires de l'Etat n'était qu'un canular destiné uniquement à se faire applaudir et réélire en 2010.

Mais, ce sont les conséquences extrêmement graves de cette promesse non tenue, qui risquent de déstabiliser le pays à la fin de l'année ou durant les premières semaines de 2008. D'une part, en attendant six mois avant de reconnaître que le trésor public est vide, Pierre Nkurunziza et son gouvernement ont entretenu, dans l'esprit des fonctionnaires de l'Etat, des illusions d'augmentation des salaires qui ont poussé nombreux parmi eux à contracter des crédits bancaires sur base du cumul d'arriérées depuis le mois de juillet 2007. Dès hier soir, la colère grondait chez beaucoup d'entre eux après la douche froide de la ministre des finances, et certains parmi les membres de l'administration centrale du ministère de l'éducation (les enseignants sont majoritairement les plus concernés) ne cachaient pas leur volonté de faire grève au cas où le syndicat CONAPES voudrait qu'il en soit ainsi dans quelques semaines.

D'autre part, le gouvernement a commis une énorme maladresse en jouant bon gré mal gré, avec le flou total sur les bénéficiaires de la cagnotte présidentielle. Dans son édition du mois d'août 2007, le journal « Rumurikirangabo » des forces armées publiait la réponse d'un des hauts gradés de l'état-major qui, pressé de questions par les militaires subalternes pour savoir si oui ou non les hommes en kaki faisaient partie de ceux qui allaient bénéficier des 34% d'augmentation salariale, avait répondu sans ambages par l'affirmative. Vous faites vous aussi partie des serviteurs de la République, a-t-il répondu en substance.

Un militaire retraité habitant le quartier Mutanga-Sud qui suivait hier la ministre des finances en train de dire niet aux militaires et policiers, a aussitôt rappelé la tentative de coup d'Etat des caporaux intervenu en juillet 1977. A l'époque, a-t-il dit, Jean - Baptiste Bagaza venait de décider d'une importante augmentation salariale (60%) en faveur de tous les fonctionnaires, y compris les officiers, en excluant les sous-officiers et les militaires subalternes non gradés qui bénéficiaient à peine de 10%. Ces derniers s'organisèrent dans la plus grande discrétion sur tout le territoire national. Un bon matin, tous les officiers qui se rendirent au service, trouvèrent toutes les casernes interdites d'accès à leurs commandants, y compris au colonel Bagaza. Il ne restait plus aux sous-officiers que de designer un successeur au fondateur de la 2ème République, ce qui fut évité de justesse, par une augmentation salariale égale en faveur de tous les serviteurs de la République.

Enfin, dans ce pays où les ordres des dirigeants n'ont plus de signification, la Regideso a déjà interprété à sa manière la promesse du Père Noël faite le 1er mai 2007. Tous les travailleurs de la Regideso, qui ne figurent pas du tout parmi les fonctionnaires de l'Etat régis par le statut de la fonction publique, se sont déjà octroyés les 34% d'augmentation salariale. C'est donc tous ces ingrédients réunis en une casserole très chaude qui constituent une véritable bombe à retardement qui pourrait exploser avant, pendant et après les fêtes de fin d'année.

Burundi Transparence

 

 

horizontal bar

 

Burundi Transparence © 2007