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La Banque mondiale refuse le financement de la milice gouvernementale.
 Le 21 Août 08

Il y a environ une année que le gouvernement Nkurunziza opté pour la stratégie de fragiliser le dernier mouvement rebelle burundais, le Palipehutu-FNL de RWASA Agathon, en montrant à l’opinion nationale et internationale, un groupe de gens ramassées ça et là, auquel le pouvoir du CNDD-FDD a donné l’étiquette de « dissidents ».

Estimés au départ à environ 3000 personnes, ils ne seraient actuellement que 1800 à rester dans le camp de rassemblement de Randa en commune et province de Bubanza.

Rappelez-vous qu’ils avaient été installés à Cibitoke près du Lycée, mais que les contestations émanant des élèves qui ne pouvaient pas cohabiter avec des gens armées, de même que celles de la population environnante ont poussé le gouvernement à les y retirer pour les loger à Randa.

A la création de cette « dissidence », le président Nkurunziza a proclamé haut et fort sa victoire sur le FNL qui selon lui ne comptait en ses rangs que quelques centaines de combattants. Le temps aurait démontré à l’opinion que ce n’étaient que des rêves. Les dissidents se sont par après révélés milice du gouvernement : ils collaborent avec la police présidentielle commandée par le général Nshimirimana en opérant des filatures aux qualifiés opposants au CNDD-FDD. En plus de leurs armes gardées sur eux, ils en ont obtenus d’autres dont des pistolets.

Le porte-parole de la Force de Défense Nationale (FDN) le Lieutenant Colonel Adolphe MANIRAKIZA a récemment déclaré à la presse que le contrôle de ces dissidents de Randa lui échappait, ce qui signifie que leur gestion n’engageait plus la FDN. C’était une situation délicate dans laquelle se trouve le gouvernement burundais face l’entretien de ces troupes parrainées par Nkurunziza.

Maintenant que le FNL et le gouvernement sont au point de concrétiser leurs accords de paix, bien sûr avec un énorme investissement de la communauté internationale, des gens se demandent quel sera l’avenir de ces dissidents dont la population environnant ce site de rassemblement est déjà lasse.

Ayant promis leur intégration dans les forces de sécurité pour les uns et la démobilisation pour d’autres, le gouvernement se heurte à un refus catégorique de la Banque Mondiale quant au financement de leur démobilisation. La Banque Mondiale insatisfaite déjà de la gestion des premiers fonds alloués à la démobilisation, l’intégration et la réinsertion des anciens combattants, ne voit pas au clair, la qualification et le statut de ces dissidents.

De quoi va alors en faire le gouvernement qui au moment de leur recrutement croyait avoir eu le FNL-Palipehutu. N’est ce pas similaire au cas des « SMO » (service militaire obligatoire), un système introduit par le président Buyoya pour avoir le renfort à ses troupes mises à l’épreuve face aux rebelles du CNDD-FDD. Beaucoup de candidats à ce service sont tombés sur le champ de bataille, et malheureusement, il n’y a eu aucun signe de leur reconnaissance quant sonna l’heure de partage des postes entre les parties belligérantes. Les SMO n’ont même pas été pris en considération lors de la démobilisation. Entre temps, les rescapés avaient raté leurs deux à trois ans académiques.

Une grande inquiétude est déjà exprimée suite à la réaction de la Banque Mondiale qui a notifié au chef de l’Etat burundais qu’aucun rond ne leur était prévu. Ils ont des armes dont ils n’hésiteront pas à se servir. La population est la cible privilégiée des exactions qu’ils commettent déjà à MITAKATAKA, à KIZINA…

La responsabilité reviendra fin des fins au soi-disant père de la nation qu’est le président Nkurunziza.

La Banque avait suggéré au président Nkurunziza de reconnaître ces dissidents par un décret. Chose dite, chose faite ; le président Nkurunziza vient de confirmer que ces dissidents sont sa création et en accepte la paternité et d’ailleurs le porte parole de ces dissidents, Ntakarutimana Gode, précise le président Nkurunziza les a reconnut dissidents bien longtemps.

Le n° du décret et les membres de la Commission technique chargés de la vérification du statut de ces dissidents.

Le président de la République S.E. Pierre Nkurunziza a signé le décretn° 100/134 du 18 août 2008 portant statut légal des dissidents du mouvement Palipehutu-FNL ayant déserté après l’accord de cessez-le-feu entre le Gouvernement du Burundi et le Mouvement Palipehutu-FNL le 07 septembre 2006.

Les éléments concerné par ce décret sont ceux qui, après l’accord de cessez-le-feu entre le Gouvernement du Burundi et le Mouvement Palipehutu-FNL le 07 septembre 2006, se sont désolidarisés d’avec les autres combattants qui ont continué la guerre. Ils sont actuellement regroupés sur les sites de Randa et Buramata et sont évalués à 3321.

Par décret présidentiel n°100/ 136 du 19 août 2008, le Président de la République a créé la commission technique chargée de la vérification du statut de combattant des dissidents du Mouvement Palipehutu-FNL de Randa et Buramata.

Les membres de cette commission sont :

1) Général de Brigade Juvénal Niyungeko : Président
2) OPC1 André Ndayambaje : Vice-président
3) Général de Brigade Libère Hicuburundi : Membre
4) Colonel Déo Tutuza : Membre
5) Colonel Jean Baptiste Biherengende : Membre
6) Colonel Joseph Ndayishimiye : Membre
7) Colonel Sébastien Bandirubusa : Membre
8) OPC2 Maurice Mbonimpa : Membre
9) OPC2 Carème Bizoza : Membre
10) OPC2 Philippe Ndayishimiye : Membre
11) Lieutenant - Colonel Egide Nsengiyumva : Membre
12) OPC3 Apollinaire Ndayimirije : Membre
13 OPC3 Gaston Uwimana : Membre
14) Comandant médecin Egide Nintunze : Membre

Cette commission est une équipe technique ad hoc sous la supervision de la Commission Nationale chargée de la Démobilisation, de Réinsertion et de Réintégration (CNDRR). Son mandat est de 12 semaines à partir de la date de la mise en vigueur de ce décret c'est-à-dire le 19 août 2008.

Par ailleurs, la Banque Mondiale s’inquiète des activités du programme national de démobilisation et réintégration des ex-combattants, selon les conclusions de sa mission d’appui menée du 5 au 31 mai 2008. Le volet « Appui aux démobilisés handicapés » connaît des difficultés ce qui pourrait pousser les bailleurs à ne pas mener à terme leurs activités d’ici la fin du programme.

Cette mission exhorte le Gouvernement burundais à déterminer l’avenir du volet « Construction des maisons pour les démobilisés handicapés ». Elle estime que le programme national de démobilisation et de réintégration des ex-combattants n’est plus possible dans un délai prévu et devrait être annulé.

La mission de la Banque Mondiale invite le secrétariat exécutif du comité de démobilisation à faire la lumière sur les effectifs à l’attention de cette institution dans un délai n’excédant pas deux semaines.

Quant aux combattants du Palipehutu-FNL, cette mission souhaite que le Gouvernement soutienne activement la commission de démobilisation dans le processus de planification en relation avec le traitement de ces combattants. Selon cette institution, il est important qu’un travail de réflexion soit fait pour déterminer les effectifs et activités restant à traiter après le 31 Décembre 2008.

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