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La police a empêché les personnes à assister à l’Audience publique du procès RADJABU : quelle scandale !                            Le 16 décembre ‘07
(Source Burundi Verite Net) 
          

Une fois dans l’histoire judiciaire du Burundi, la Police dite du général Alain Guillaume BUNYONI titularisé ministre de la Sécurité, a empêché les gens venus de tous horizons du pays à assister au procès de RADJABU et consorts, un procès que des observateurs avisés qualifient de « politique ». C’était mercredi le 5 décembre que des éléments de la Police «nationale » ont eu la mission de bloquer des dizaines de bus de transports en communs empruntant tous les axes menant vers la capitale burundaise, dans l’optique d’empêcher les passagers taxés de Radjabistes à découvrir la vraie vérité autre que celle du CNDD-FDD/ Ngozi, qui allait éclater au grand jour pour la première fois sept mois après la détention illégale et irrégulière de l’honorable Hussein RADJABU.

Bloqués aux entrées de la ville de BUJUMBURA, ces passagers ont été retenus des heures durant. Cette police soumise aux manipulations de ce parti dont les membres sont en débandade, a été surprise qu’elle n’ait rien fait, au vu de la foule nombreuse présente au Parquet Général de Bujumbura. Déception aussi pour l’Etat major de ce parti qui a eu la chair de poule en apprenant le déroulement des faits, alors qu’il avait dans la soirée du mardi 4 décembre, par le biais  de son secrétaire exécutif, MVUYEKURE Lazare, donné des injonctions à ses responsables provinciaux, de se pointer très tôt dans la matinée du lendemain, aux différents parkings de l’intérieur du pays pour identifier les véhicules à bord desquels prendraient places des Radjabistes.

Il leur avait ordonné de lui transmettre les numéros d’immatriculation de ces derniers afin de les renseigner à son tour aux taupes de la documentation nationale (la police présidentielle). C’est cette dernière qui a par la suite interpellé la police nationale, à agir sans explication et sans réfléchir sur les effets que ça allait produire. Ne sachant plus que faire, les patrons du CNDD-FDD Ngozi et de cette Police fuie par les présumés protégés qu’est la population, avaient tous perdu la tête jusqu’à oublier que l’audience était publique, c'est-à-dire ouverte à tout le monde. Merci à  l’Association pour la Promotion des Droits de l’Homme (APRODH) qui  avait d’ailleurs installé une sonorisation.

D’après quelqu’un qui suit  de près l’évolution des droits de l’homme ici sur place, et qui a requis l’anonymat, « la fixation dudit procès à l’audience publique est une bonne chose, mais l’acte de la Police de bloquer les gens en est une mauvaise qui n’honore pas cette institution de sécurité à l’image déjà ternie par les bavures enregistrées ça et là ».  

Devant une police armée jusqu’aux dents qui s’attendait  à ce que l’événement dégénère ou en attente de l’ordre de tirer émanant de leur commandant le colonel DAVID, les adeptes de RADJABU n’ont pas hésité à scander MANDELA, MANDELA burundais à l’arrivée et à la sortie de ce dernier du Tribunal. Le colonel DAVID, candidat à la prochaine vague de démobilisation a eu à raconter à ses chefs. C’est lui-même qui assurait l’escorte de l’honorable RADJABU, son compagnon de lutte lui ayant sauvé la vie au moment où il allait succomber aux blessures dont il garde encore les séquelles. Il est en effet, inapte aux combats (inabutokomba dans le jargon militaire rundi).

Pour ceux qui ne connaissent pas ce colonel DAVID, il est natif de la commune de GIHANGA en province de BUBANZA. Pendant la rébellion, il avait été gravement atteint par balles à la jambe (vaccin de la démocratie, disions-nous au temps de la guerre pour garder la morale). RADJABU a fortement milité pour qu’il soit évacué à Dar Es Salam où il a été soigné. 

DAVID est spécialement connu pour ses interventions dans la séquestration des journalistes en conférence de presse chez l’Honorable Mathias BASABOSE, dans l’arrestation pour ne pas dire enlèvement de monsieur KAGABO cité dans la même affaire RADJABU, qui résidait dans la commune de MPANDA en province de BUBANZA, en dehors de son périmètre d’intervention, qu’est la Mairie de BUJUMBURA.

La libération de l’honorable Hussein RADJABU est  très proche mais mal vue par les généraux. Le ministère public a reconnu dans une extrême tergiversation, les irrégularités qui entachent le procès, ce qui lui vaut une libération provisoire, ont conclu ses trois avocats burundais, rwandais et congolais bien aguerris. « C’est un  véritable défi à nos magistrats, murmure un des avocats du CNDD-FDD venu écouter le procès ». Arrestation, isolement et détentions préventives illégales, sont les vices relevés dans ce dossier qui aura marqué cette demi décennie.

Sept mois de détention arbitraire pour un homme politique comme RADJABU, cela montre encore que la magistrature est loin d’être indépendante bien qu’elle soit déjà satisfaite de son barème salarial. L’issue du procès RADJABU sauvera ou enfoncera l’image de la Cour Suprême, ont dit les avocats des accusés d’atteinte à la sûreté de l’Etat et Outrage au Chef de l’Etat. Quelle qualification de l’infraction ! L’astuce est bien celle-là même pour ceux qui accusent les chiens de rage alors qu’ils ne souffrent que de la faim. Ayant constaté que la délibération de la Cour ne décidera autre chose que la mise en liberté provisoire, le laboratoire des généraux se penche déjà sur la préparation de l’assassinat des faux accusés.

Menaces d’assassiner l’Hon. RADJABU

Adolphe NSHIMIRIMANA, le patron de la Police présidentielle a osé déclarer devant un de ses confidents que RADJABU  pourrait au sortir de la prison de MPIMBA ne pas dépasser MUSAGA. Quant à BUNYONI, il a dit à un proche que rien n’explique que RADJABU soit encore en vie. Tout cela, si l’on analyse de près, serait lié aux tentatives d’élimination physique de ce politicien essayées même à l’intérieur de MPIMBA. Cette opération était confiée à un surnommé MAREGAREGE, agent de la documentation toujours employé par NSHIMIRIMANA, alors qu’il est voleur qualifié. Au moment où il venait de voler avec arme de service, une moto appartenant à un officier ex-FDD nommé Steve habitant à KAMENGE, MAREGAREGE a été conduit à MPIMBA pour faire le simulacre de punition.

NSHIMIRIMANA et BUNYONI lui avaient plutôt confié la mission de tirer sur RADJABU. Grâce à la vigilance des prisonniers, le projet a été déjoué. L’on se souviendrait que des délégués du BINUB, de la Commission des Droits de l’Homme au Burundi et de l’Union africaine alertés de ce cas,  se sont présentés un jour très tôt le matin à MPIMBA pour s’enquérir des faits.

Directement, MAREGAREGE est sorti de la prison pour continuer à prester à la documentation. Il continue à semer la terreur dans la ville de BUJUMBURA. Ceux qui le diraient mieux sont les habitants de la 23ème avenue en commune urbaine de BUYENZI, qui en date du 6 décembre 2007, l’ont fui dans la soirée  car il tirait en l’air prétextant départager deux hommes ivres en dispute. Comme il était connu pour son caractère barbare, la population a préféré aller se cacher.

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