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Le gouvernement burundais veut-il identifier les militants de l'opposition à l'étranger?
Le 13 juillet 10
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Mme Bodil Ceballos |
Dans une lettre adressée au ministère de la Justice suédoise, l'ambassade du Burundi se trouvant en Allemagne cherche à avoir les renseignements sur les burundais qui résident en Suède.
Selon le journal suédois Riksdag & Departement, l'ambassade du Burundi à Berlin en Allemagne (qui est aussi responsable des relations avec la Suède, Allemagne, Autriche, République Tchèque,
République Slovaque, Lituanie, Lettonie, Estonie, Norvège, Danemark, Vatican et Finlande) veut savoir combien de Burundais qui se trouvent en Suède, le nombre d'hommes et de femmes et combien des burundais qui ont acquis la nationalité suédoise.
En outre, l'Ambassade aimerait connaître le nombre de Burundais qui ont déjà obtenu une résidence permanente en Suède et combien de personnes qui ont demandé l'asile politique. L'ambassade souhaite aussi obtenir des informations sur les organisations des burundais "exilburundiska" en Suède et le statut juridique dont ils disposent.
Jusqu'à maintenant, seulement 15 burundais ont demandé l'asile en Suède, selon l'Office des migrations. De ce nombre, 11 sont des enfants.
Bodil Ceballos, députée vert au parlement suédois et porte-parole de ce parti pour les questions de migration, estime que la frontière d'espionnage est franchie et ne crois pas que le gouvernement suédois devrait répondre à cette lettre.
"Étant donné que c'est un pays avec tant de problèmes et de contradictions, je pense qu'il n'y a aucune raison de fournir ces informations à l'ambassade du Burundi. C'est une façon d'identifier les Burundais qui sont ici par l'ambassade.
Les Burundais qui souhaitent prendre contact avec leur ambassade, ils peuvent le faire mais l'ambassade ne peut pas passer par nos services pour chercher leurs compatriotes en exil", a dit Mme Bodil Ceballos.
Le ministère de la Justice n'a pas encore formulé une réponse à la demande du Burundi. Mais le principe suédois signifie que la plupart des informations sont disponibles sur Internet.
"Si le personnel de l'ambassade veut avoir ces informations, ils n'ont qu'à chercher ces informations sur la SCB ou le site Web du Conseil des migrations", dit Christina Springfield Feldt, secrétaire du ministère de la Justice.
Est-il normal que les ambassades des pays étrangers demander ce type d'informations au ministère de la justice suédoise, Mme Springfield a spécifié que c'est assez rare.
Selon un analyste burundais que notre rédaction a contacté, nous a signifié que la panique gagne les tenants du pouvoir de voir les burundais de la diaspora soutenir les partis d'opposition qui ont contesté les résultats des élections communales du 24 mai. Mais ces démarches pour avoir les données de ces compatriotes sont étranges, nous espérons que c'est dans l'objectif simplement administratif.
Pour les burundais vivant à l'étranger que notre rédaction a contacté, nous ont signifié leur inquiétude de voir le pouvoir à Bujumbura qui veut obliger tous les burundais à adhérer dans le parti présidentiel en utilisant même la terreur et les emprisonnements des militants de l'opposition. Ils ont profité de cette occasion pour dire qu'aucune démocratie n'est fait par un seul parti politique et les burundais comme des humains doivent toujours penser différemment.
Nous avons cherché à savoir, au près du ministère des Relations Extérieures et de la Coopération Internationale, si cette démarche d'identifier les burundais vivant à l'étranger est un consigne du gouvernement burundais à toutes ces ambassades et consuls à l'étranger, mais ils ont eu la langue du bois.
Le gouvernement burundais veut-il mettre les militants des partis de l'opposition burundaise vivant à l'étranger sous surveillance ou les mettre sous silence?
Signalons qu'en date du 23 juin, une manifestation a été organisée à Bruxelles en Belgique par les membres de l'ADC-Ikibiri résidant en Europe.
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