Burundi Transparence, c'est l'actualité en continue.
Accueil                     Précedente                     Suivante                 Archives

 

 

 Actualités

Allez Madame, à vous la balle!
(Source: Burundi Bwiza)  
 Le 07 mars 10

Lors d'une mini retraite de la semaine sainte, alors que le Curé de notre Paroisse nous invitait à réfléchir sur les souffrances de Jésus Christ victime de nos pêchés, je me suis permis de décliner cette invitation pour dévier ma réflexion sur les souffrances du peuple burundais, victime cette fois, non pas de nos pêchés, mais d'un régime médiocre qui aura déçu tout le monde . Et pendant tout le week-end pascal, j'ai pensé à Pascaline et ses capacités à libérer les Burundais. Je m'en vais donc défendre la candidature d'une femme à la magistrature suprême au Burundi. Il s'agit ici d'un autre terrain délicat, après mes derniers manouvres sur un terrain militaire, quand je dénonçais la main du pouvoir dans la crise actuelle au sein des forces armées ainsi que les dangers qui planent sur la République. Mais le risque que j'encoure maintenant est d'être taxé de "womanizer", dans un pays où l'on tend à occulter la capacité de la femme à générer une dynamique globale de changement.

Je me demande si je dois étaler d'abord les peines et les souffrances qu'endurent les Burundais, puisque tout le monde en parle, puisque tout le monde est frappé. Mais pour convaincre ceux qui se croient encore à l'abri , je voudrais juste soulever quelques cas graves :

- Au rythme actuel de l'inflation monétaire et ses répercutions sur l'économie, les Burundais vont bientôt se promener avec des sacs pleins d'argent sans pouvoir rien acheter. Pareilles choses se sont passées chez l'un de nos proches voisins il n'y a pas longtemps. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, l'on sait bien comment et pourquoi le Zaïre de Mobutu en était arrivé-là. Malgré son stage sur la bonne gouvernance de 2003 à 2005 , Nkurunziza et son parti dont il est le sage suprême, restent le dernier des élèves de la FMI. Je rappelle que la notion de gouvernance couvre en règle général tous les aspects de la conduite des affaires publiques, y compris les politiques économiques et le cadre réglementaire. L'année 2010 est donc un rendez-vous à ne pas rater pour éviter la zaïrinisation du Burundi. Trop peu inspiré, le pouvoir actuel est incapable de redresser l'économie burundaise; sinon, comment expliquer la faible place de l'agriculture dans le Programme Indicatif National alors que c'est le secteur primaire qui fait vivre plus de 90 % de la population.

L'année 2010 est donc un rendez-vous à ne pas rater pour éviter la zaïrinisation du Burundi.

- Déjà en Novembre 2006, lors de sa 37e session, le comité contre les tortures des Nations Unies, après une analyse détaillée d'un rapport sur les violations des droits de l'homme au Burundi, tirait une sonnette d'alarme: l'Etat Burundais était accusé de meurtres de plusieurs personnes, des arrestations, des cas de tortures ( physiques et psychiques) et des emprisonnements arbitraires, etc, Le comité se disait aussi préoccupé par la dépendance du pouvoir judiciaire au pouvoir exécutif. Des recommandations importantes ont été formulées . Quatre ans plus tard, c'est Hillary Clinton qui alerte le Sénat américain sur le comportement provoquant de certaines Républiques bananières , et une fois de plus, le régime Nkurunziza porte le flambeau. Je pense que Hillary serait contente de voir une femme venir s'occuper de nos droits et sûrement que les Burundais tireraient des dividendes de cette nouvelle image du pays à Washington, pour ne citer que cette Capitale.

Une fois de plus, l'année 2010 est un Rendez-Vous à ne pas manquer pour éviter la somalisation du Burundi.

- Il m'arrive souvent de m'interroger sur l'avenir de nos enfants et nos jeunes qui grandissent au Burundi: sous d'autres cieux, l'éducation est un pilier de la société et constitue un sujet sensible aux yeux de l'opinion: je n'ai pas fait de calculs pour savoir le nombre de jours de grèves dans le secteur de l'enseignement par année scolaire, mais ce qui est certain, dans un tel contexte, il ne faut pas espérer grand chose sur le développement des connaissances et des compétences pour les jeunes générations.

La spectaculaire déclaration du Président Nkurunziza le 26 Août 2005 lors de son investiture avait suscité beaucoup d'enthousiasme. On croyait que l'ancien professeur allait prendre en mains le secteur éducatif. Et pour vous dire vrai, à aucun instant je n'aurais pas cru que Nkurunziza pourrait dormir tranquillement alors que les professeurs, les étudiants, les élèves et les écoliers déambulent dans les rues ou se lézardent sous le soleil subtropical, au lieu d'être dans les salles de classe ou dans les amphithéâtres.
Comme le disait Me Aboudlaye Wade à Mbao au Sénégal en mai 2009, "les grèves multiples ne sont pas une bonne image d'un pays". Au Burundi, il ne s'agit pas seulement de l'image du pays qui est noircie, il s'agit beaucoup plus de conséquences extrêmement fâcheuses sur la vie socio-économique du pays :

Encore une fois, l'année 2010 est un Rendez-Vous à ne pas manquer pour éviter la "mbaonisation" du Burundi.

A la lecture de tout ce qui précède, l'on peut déjà se demander s'il y a encore quelque chose qui marche encore au Burundi. Il me semble que ce qui n'est pas encore paralysé, boîte ! Je serais bien heureux de trouver quelqu'un pour me contredire, mais avec des preuves à l'appui. Par preuve, moi j'entends les Indicateurs Objectivement Vérifiables , les IOV comme nous le disons dans notre jargon sur l'évaluation des projets. Il faut que j'ajoute que ces indicateurs sont quantitativement et qualitativement présentés. Si l'on me dit que par exemple le Président a fait construire , lors des travaux communautaires , un tel nombre d' écoles partout au pays, il faut aussi me rassurer sur la durabilité de ces infrastructures. C'est cela la qualité ! Je le dis parce que je sais qu'il y a eu une route construite avec une durée de vie d'une année ! Je le dis parce que je sais que jeudi le 9 juillet 2009, la permanence du CNDD-FDD à Gitega, encore en chantier, s'est écroulée sur les ouvriers ! Si on ose détourner les fonds de construction de sa propre permanence, qu'en est -t-il pour les ouvrages publics ? Voilà une autre maladie du régime Nkurunziza !
Le régime doit changer , tout le monde en est conscient, y compris le CNDD-FDD, je l'espère ! Et pour moi, il est temps que les Burundaises et les Burundais confient la gestion du pays à une femme !

Serait-ce pour la première fois ? Il me semble que non : Pourquoi oublier vite Madame Sylvie Kinigi , Présidente par intérim du 27 octobre 1993 au 5 février 1994. Le Burundi a connu d'autres femmes capables : nous savons bien que Ririkumutima a été une grande collaboratrice politique du roi Mwezi Gisabo (1850-1908), tandis que Inamujandi est bien connue par les Belges pour avoir été la première patronne de la rébellion contre l'occupation belge.

Actuellement et heureusement, nous avons déjà deux candidatures féminines: Madame Nzomukunda Alice et Madame Kampayano Pascaline. Sans tergiverser, je préfère la deuxième femme à la première. La deuxième passe facilement parce qu'elle est mandatée par une formation solide, compte tenu de son idéologie et de son projet de société, que celle qui envoie Alice dans la compétition présidentielle. Nzomukunda est connue pour avoir démissionné de la deuxième vice-présidence, et par sa façon de parler. Pour moi, démissionner c'est renoncer, c'est abandonner . Or, on renonce quand on est impuissant, quand on n'a pas assez de force pour affronter l'échec, les difficultés, enfin de pouvoir vaincre.
Les nombreuses difficultés auxquels font face les Burundais exigent une forte personnalité, courageuse, capable d'affronter tous ces défis. Kampayano réunit ces qualités.

Quant au langage de Nzomukunda, n'est-il pas du sentimentalisme qui cache mal l'insolence ? Je suis certain que les techniciens linguistiques, philologues et sémiologues se rangeraient de mon côté si on faisait une analyse du verbe de Nzomukunda.
La femme capable de relever et relancer le Burundi est donc et selon moi, Madame Kampayano Pascaline.

Cette femme de caractère me rappelle la Reine Victoria, Reine du Royaume-Uni de Grande Bretagne et d'Irlande (1837-1901). Le règne de Victoria fut marqué par une impressionnante expansion de l'Empire britannique, une révolution industrielle avec des grands changements d'ordre social, économique et technologique. Des exemples de femmes capables, présidentes ou chefs de gouvernement, sont légion ! Madame Kampayano va être bientôt du groupe. C'est pour cela que lors de ma retraite pascale, alors que je pensais aux souffrances du peuple burundais, Pascaline m'est apparue comme meilleure solution : elle en est capable, son parti politique qui la connaît bien la soutient, il faut que tous les Burundais la soutiennent .

Allez Madame, à vous la balle !

Par Jean Berchmans Manirakiza.

Représentant du Parti UPD- Zigamibanga en Norvège.