Alexis SINDUHIJE: Les consequences de l'arrestation du President du MSD en Tanzanie...
(Source: the-leadershipinstitute.com)
Le 22 janvier 12
Le gouvernement du Burundi est decide a ne laisser aucune marge de manoeuvre a ses opposants. Tous les moyens seront bons pour empecher a l’opposition de se reorganiser en vue des prochaines echeances electorales. Si rien ne change, le Burundi va retourner inexorablement dans la logique du “parti unique” et ce sera la fin de tous les espoirs democratiques.Avec les dernieres elections presidentielles, on a vu tous les candidats de l’opposition se retirer de la course et laisser la place au President NKURUNZIZA.
La communaute internationale, malgre les accusations de fraude electorale emises par l’opposition, a enterine et approuve les resultats electoraux. Jusque la, un contentieux electoral n’a rien de “spectaculaire” en Afrique mais ce qui est surprenant est l’attitude de Bujumbura a l’issue de la victoire du CNDD FDD. En voici les raisons:
- Le regime de Bujumbura est responsable du depart en exil des leaders de l’opposition a cause des montages concoctes contre RWASA, SINDUHIJE, NYANHOMA et autres. Des menaces serieuses pesaient sur eux et le CNDD FDD se preparait a les mettre en prison et “nyakuriser” leurs partis politiques.
- La chasse a l’homme contre les membres de l’opposition a atteint son paroxysme avec les executions extrajudiciaires des membres du FNL, du MSD, UPD etc…Non pas sans parler des arrestations arbitraires et abusifs…
- Les accusations envers la societe civile et les medias par le pouvoir CNDD FDD ont ete le corollaire de cette envolee dictatoriale. Comment croire que tout le monde est MAUVAIS sauf le CNDD FDD? Le CNDD FDD a juste evolue dans l’appellation attribuee aux opposants pour les emprisoner. De “atteinte a la securite de l’Etat”, on est passe au “terrorisme” pour mieux englober le probleme burundais dans une logique regionale.
- La societe burundaise se trouve aujourd’hui dans un contexte proche de l’implosion. Le CNDD FDD ne peut pas etre autorise a mettre a l’ecart tout le monde. Cette exclusion de l’arene politique ne laissera aucune marge de manoeuvre aux opposants que de recourir a d’autres formes de lutte, y compris pourquoi pas la lutte armee.
- Que perd le CNDD FDD a laisser l’opposition travailler en toute liberte? En tous cas, on ne peut pas traiter les opposants burundais de “petits politiciens” comme l’ecrit Janvier MBARUSHIMANA sur le site web http://www.abarundi.bi. On est pas un “petit politicien” parce qu’on n’a pas gagne les elections. On n’est pas non plus un “CRIMINEL” parce que l’on s’oppose au CNDD FDD ou qu’on refuse les resultats des elections. Il est vraiment desolant de voir la “petitesse d’esprit” et le manque d’un quelconque “sens de l’analyse politique” de la part des gens qui ecrivent sur les sites proches du CNDD FDD (burundi-info, abarundi.bi ou nyabusorongo.org).
Les petits politiciens sont ceux du CNDD FDD pour les raisons suivantes:
- Le caractere arbitraire et dictatorial de ce regime
- Les violations massives des droits de l’homme
- Les manipulations de la Justice a des fins politiciennes au lieu de reformer cette composante d’un Etat de Droit
- La mauvaise gouvernance de l’Etat avec le lot de scandales de corruption au plus haut niveau de l’Etat
- Le deni de tous les principes democratiques qui ont permis au CNDD FDD lui-meme d’acceder au pouvoir en 2005
- La mauvaise gestion des differends politiques au lendemain des elections de 2010
Tout cela nous ramene a l’implication du regime de Bujumbura dans l’arrestation d’Alexis SINDUHIJE en Tanzanie:
- Il est vraiment dommage que cela arrive en Tanzanie. Les dirigeants tanzaniens sont mis a l’epreuve quant a leur souverainete et leur stature. Ils ne gagneront rien a se laisser manipuler ou a tomber dans le piege des pratiques du CNDD FDD. La Tanzanie n’a pas besoin de cela. Etre un opposant n’est un crime qu’au Burundi. La Tanzanie ne gagnera rien a aider le gouvernement burundais a MATER l’opposition par des montages absurdes. Le gouvernement burundais est responsable du pourrissement de la situation politico-securitaire et non pas les pays voisins. La stature de la Tanzanie dans la sous-region dependra largement de la maniere dont elle va gerer ce dossier. Connaissant la maturite politique, l’independance d’esprit et la sagesse des dirigeants tanzaniens, nous serions surpris si la Tanzanie tombait dans ce piege et jouait le jeu de Bujumbura. On peut arreter ou tuer un “Alexis SINDUHIJE” mais on ne peut aneantir la quete d’un Etat de Droit par les burundais. Il y a des millions d’Alexis SINDUHIJE au Burundi.
- La nouvelle donne dans le jeu de Bujumbura est la strategie des services de renseignement burundais qui consiste a poursuivre les opposants dans les pays d’exil ou ils sont. Cela a ete denonce par l’ADC IKIBIRI et les sorties a l’exterieur du pays de certains agents des services de renseignement burundais comme le fameux BULANJE, responsable du renseignement exterieur. Ce dernier s’est distingue dans le recrutement des membres de la diaspora et des enquetes menees contre certains opposants politiques burundais lors de son recent voyage aux Etats Unis. Nous craignons que le pouvoir de Bujumbura ne soit en train de suivre le chemin des services de renseignement d’un certain pays de la sous-region et il ne faut pas exclure que des commandos soient envoyes pour assassiner les opposants dans leurs pays d’exil.
C’est dans ce contexte que la communaute internationale et la sous-region doivent PROTEGER le statut des opposants burundais en exil ainsi que leur securite. C’est aussi dans ce contexte que nous felicitons le President MUSEVENI connu pour son refus de PERSECUTER les opposants venus des pays voisins de l’Ouganda et pour qui si un gouverment cree les conditions pour avoir des exiles politiques, il n’appartient a l’Ouganda de l’aider a les persecuter
Nous reiterons nos craintes d’une deterioation de la situation politico-securitaire au Burundi avec cette nouvelle preuve (pour ceux qui en avaient besoin) que NKURUNZIZA ne croit pas au dialogue et que la securite des opposants en exil ne sera pas garantie par le gouvernement burundais. NKURUNZIZA n’est pas et n’a jamais ete un HOMME DE PAROLE…
Enfin, pour conclure, nous apportons au President du MSD ainsi qu’a sa famille, sans oublier tous les democrates burundais, notre soutien indeniable dans les epreuves en cours en Tanzanie et nous nous joignons a tout le monde pour reclamer sa liberation par la justice tanzanienne.