ActualitésAffaire Pasteur Mpawenayo. Le 21 Août 08 Quand votre ancien compagnon d’arme se transforme en votre pire ennemi.
A la faveur de l’arrêt de la Cour Constitutionnelle du 5 juin 2008, le député Pasteur Mpawenayo est exclu de l’Assemblée nationale avec 21 autres élus du peuple. Depuis ce 4 juillet, il est détenu à la prison centrale de Mpimba pour « atteinte à la sûreté de l’Etat. »
Le parcours de l’honorable Pasteur Mpawenayo au sein du CNDD-FDD...
- Pasteur Mpawenayo est un élu de la circonscription de Bujumbura rural. - Il occupe des fonctions dans les organes dirigeants du mouvement puis du parti CNDD-FDD. A partir de l’entrée dudit mouvement dans les institutions de la Transition, il est le président du groupe parlementaire CNDD-FDD. - Durant la campagne électorale de 2005, il est Commissaire Général à la mobilisation et à la propagande. Par la suite, il est le secrétaire exécutif du CNDD-FDD lorsque ce mouvement devient parti. - Le député Mpawenayo a fustigé la tenue du Congrès « illégal et irrégulier » de Ngozi (février 2007). D’où son initiative de constituer avec d’autres qui partagent ses vues un groupe de parlementaires « épris du respect de la loi. » - Avril 2007, Pasteur Mpawenayo est victime de deux attaques à la grenade à son domicile.
« Ce 4 juillet 2008, le député Pasteur Mpawenayo est conduit à la prison centrale de Mpimba en raison d’un mandat d’arrêt sans cachet », affirme François-Xavier Nsababandi, le porte-parole des parlementaires « épris du respect de la loi ».
Le chef d’inculpation mentionné sur ce mandat d’arrêt est l’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat. Il est délivré, poursuit-il, par Charles Ndagijimana, le substitut du procureur général au Tribunal de Grande Instance en Mairie de Bujumbura.
Selon François-Xavier Nsababandi, il s’agit d’un de ces montages qui se font à l’intérieur de la Documentation pour faire taire les opposants.Parce qu’ils n’ont pas réussi à le tuer, insiste-t-il, ils ont estimé qu’il faut au moins l’emprisonner comme El Hadj Radjabu pour le même chef d’inculpation.Nous demandons, précise-t-il, à l’Union Africaine et aux Nations Unies, de faire pression sur les autorités burundaises pour que cette situation s’arrête.
Sur le sort des parlementaires « épris du respect de la loi », François-Xavier Nsababandi est pessimiste : « Ces jours-ci, on entend qu’il y a des arrestations qui vont suivre. Nous sommes prêts à être arrêtés, lorsque nous défendons une cause noble : le respect de la loi.Nous n’avons pas peur. Ne soyez donc pas surpris par l’arrestation d’autres parlementaires.
En politique, on peut être emprisonné, on peut mourir pourvu qu’on défende une cause noble.» « Y aurait-il des éléments qui prouvent que Pasteur Mpawenayo allait fuir ? »
D’après David Nahimana, Président de la Ligue Iteka, la liberté est une règle, la détention une exception. Il est étonnant, poursuit-t-il, que Pasteur Mpawenayo soit le seul arrêté, alors que d’autres présumés coupables du même crime sont en liberté.Au cas où cette affaire serait liée à celle d’Hussein Radjabu, la Ligue Iteka s’interroge : « Pourquoi Pasteur Mpawenayo ne comparaîtrait pas en rentrant chez lui comme ses co- accusés. Y aurait-il des éléments qui prouvent que Pasteur Mpawenayo allait fuir ? »
Par ailleurs, la Ligue Iteka considère que cette affaire est politique car Pasteur Mpawenayo est accusé d’atteinte à la sûreté de l’Etat. La justice, poursuit David Nahimana, a le droit de convoquer qui que ce soit quand cela s’avère nécessaire.
Du reste, vu le secret de l’instruction que leur a opposé Charles Ndagijimana, précise-t-il, la ligue ne peut donc pas s’exprimer sur les tenants et les aboutissants de cette affaire.
Concernant les circonstances d’arrestation d’un élu du peuple, l’article 150 de la Constitution Post-Transition stipule : « …Les députés et les sénateurs ne peuvent, hors session, être arrêtés qu’avec l’autorisation du Bureau de l’Assemblée nationale pour les députés ou du Bureau du Sénat pour les sénateurs sauf en cas de flagrant délit, de poursuites déjà autorisées ou de condamnation définitive. »Pasteur Mpawenayo n’est pas déchu de sa qualité de député, en dépit du dernier arrêt de la Cour Constitutionnelle. En effet, seule l’occupation inconstitutionnelle de 22 sièges à l’Assemblée nationale est confirmée sans pour autant déclarer leur vacance.
En outre, l’honorable Pasteur Mpawenayo ne rentre pas dans les trois cas susmentionnés.
Son emprisonnement est ipso facto illégal.
« Je ne souhaite pas la défaite de mes adversaires mais leur destruction totale », disait Hannibal, général et homme d’Etat carthaginois du 3éme siècle avant J.-C. Burundi Transparence 
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