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ActualitésLes dessous de l’« Affaire Interpetrol » suite
: Callixte MUTABAZI : Un « demi-Dieu » dans l’ombre de NTISEZERANA ?
Le 29 oct.-07
Dans plusieurs affaires qui secouent actuellement le pouvoir, dont l’« Affaire INTERPETROL », on retrouve l'ADG de l'Interbank Burundi (IBB) dans l’ombre du 2è Vice-président de République. Depuis quelques temps, l’ARIB.INFO vous propose une série d’articles résultant de nos investigations sur place autour d’affaires politico-financières qui secouent actuellement le Burundi. Dans notre dernière livraison, Affaire Interpetrol (suite) : Vers un dénouement rocambolesque (CLIQUEZ ICI), nous avons montré comment l’Etat burundais, sur instigation du 2ème Vice-président Gabriel NTISEZERANA, voudrait faire main basse sur 6 Milliards de francs logés à la BCB comme dépôt de caution de la société INTERPETROL alors que l’affaire n’est pas encore jugée et que de nouveaux éléments fournis par l'Inspection Générale de l'Etat viennent blanchir la société. Nous avons terminé en nous interrogeant sur les visées réelles de M. NTISEZERANA et les raisons de son acharnement contre INTERPETROL et la BCB, ainsi que les forces de l'ombre qui le soutiennent. Pour comprendre ce qui se trame actuellement dans les allées du pouvoir burundais, il faut s’intéresser aux personnages qui gravitent autour du 2è Vice-président et qui influencent, pour ne pas dire qui lui dictent, ses décisions. Depuis le début de nos investigations sur les « dessous de l’Affaire INTERPETROL », le nom d’un certain Callixte MUTABAZI, ADG de l'Interbank Burundi (IBB), est souvent apparu dès qu’on s’intéressait de près aux agissements du 2è Vice-président NTISEZERANA. Selon plusieurs informations concordantes, le parcours professionnel et politique de NTISEZERANA a été façonné dès le début par le patron de l’IBB et s'inscrit dans le cadre d’une stratégie, de longue date, de Callixte MUTABAZI pour être toujours proche et manipulateur des différents pouvoirs successifs. En effet, Callixte MUTABAZI a bâti son parcours à l’ombre des hommes influents du pouvoir en place, à chaque époque. Selon certains, il changerait également d’ethnie selon l’interlocuteur et selon les circonstances. Il se présenterait tantôt comme Hutu, tantôt comme Tutsi, selon l’intérêt du moment. Certaines rumeurs avancent même que sieur Callixte MUTABAZI ne serait pas Burundais. Notre propos n’est pas de disserter sur ses origines, sa véritable nationalité ou son ethnie, mais de porter, à la connaissance du public, des informations recueillies auprès de différentes sources sur cet individu peu ordinaire, et qui est surnommé « demi-Dieu » dans la capitale burundaise. Tenez : au départ, après ses études au Burundi, aux frais de l’Etat, Callixte MUTABAZI a gracieusement obtenu un bon emploi dans la convoitée Banque commerciale du Burundi (BANCOBU) grâce aux interventions de l’ancien magnat Salvator NDIKUMAGENGE, ex-patron de Hatton and Cookson, auprès de qui il s’était malicieusement introduit, et qui le traitait comme son propre fils. Pour les jeunes qui n’étaient pas là à cette époque, NDIKUMAGENGE était un homme très influent auprès du pouvoir en place. C’était au temps du Colonel-président Jean-Baptiste BAGAZA, sous la 2è République. Callixte MUTABAZI a ensuite vite gravi les échelons. Par un subtil jeu d’alliance, son influence va en grandissant : il se maria avec la belle soeur du patron de la Documentation sous BAGAZA, un certain Laurent NDABANEZE, qui comme par hasard était très ami d’un certain Tribert AYABATWA RUJUGIRO, aujourd’hui considéré comme le mentor de Callixte MUTABAZI. Notons que le même Laurent NDABANEZE est également beau frère de l’actuel Directeur des impôts, M. Valère BIZIMANA, autre carte maîtresse dans ce jeu d'influence. Une fois devenu Directeur Commercial de la BANCOBU, toujours grâce à ses nouveaux parrains, Callixte MUTABAZI a vite choisi d’utiliser son poste pour convaincre les principaux clients de la BANCOBU et les pousser à créer une nouvelle Banque et qu'il se proposa ben entendu de gérer. En janvier 1993 c’était la naissance de l'Interbank Burundi (IBB), qui a donc été initialement créée par des commerçants burundais avec des capitaux burundais. Mais bien que l’IBB soit une propriété privée totalement burundaise, Callixte MUTABAZI préféra s’entourer exclusivement d’étrangers dans son Comité de Direction. C'est ainsi qu’on va retrouver à ses côtés M. Eugène RUTAZIBWA, Rwandais, comme Directeur commercial ; et M. Edouard KYWALA, Ougandais, comme Directeur des opérations, devenu plus tard Attaché de direction. Après moins de dix ans d’existence, les actions des Burundais au sein IBB s’étaient déjà amenuisées comme peau de chagrin, de telle manière que les principaux capitaux burundais s’étaient déjà transformés en capitaux étrangers. Voici les actuels principaux actionnaires de cette Banque : Georges COUCOULIS, Arturo COSTA, Jean Michel VIDAL REBATTU (tous administrateurs) et Callixte MUTABAZI, qui, au départ n’était qu’un employé (Directeur général), mais, est devenu un des actionnaires importants bien plus tard. Dans son recrutement pour la Banque, Callixte MUTABAZI va initier une stratégie d’attirer de cadres hutus qu’il comptait en même temps faire adhérer au parti UPRONA dont il est membre. C’est ainsi qu’un certain Gabriel NTISEZERANA va intégrer la Banque IBB. Mais par calcul, « demi-Dieu » va pousser Gabriel NTISEZERANA à adhérer dans un premier temps au FRODEBU, fraîchement arrivé au pouvoir, et plus tard au CNDD-FDD après son arrivée dans la capitale suivie de sa victoire aux élections de 2005. C’est ce qu’on appelle se mettre son homme au bon endroit au bon moment, d’autres disent cyniquement être « Ntambira akaje ». C’est ainsi que, grâce à ses incessants retournements de veste, Gabriel NTISEZERANA sera nommé à la tête de la Banque Nationale de Développement Economique (BNDE) sous le pouvoir FRODEBU, puis de la Banque centrale (Banque de la République du Burundi - BRB), par le nouveau pouvoir CNDD-FDD, avant de se retrouver au poste de 2è Vice-président de République. C’est donc sous l’influence et dans l’intérêt de son « demi-Dieu » et ancien patron, dont il est toujours resté fidèle serviteur, que Gabriel NTISEZERANA agit dans le cadre des hautes fonctions qu’il occupe actuellement. L’intérêt national constituant le dernier de ses soucis. Dans plusieurs affaires qui secouent actuellement le pouvoir, dont l’« Affaire INTERPETROL », on retrouve Callixte MUTABAZI dans l’ombre du 2è Vice-président de République. C’est ce qui explique l’acharnement tous azimuts de la part ce dernier contre la Banque BCB, considérée comme un concurrent de poids pour l’IBB. Il semble que le 2è Vice-président de République ait reçu de son mentor et « demi-Dieu » une nouvelle mission : couler la BCB ! Pour ce faire, le 2è Vice-président NTISEZERANA va suspendre unilatéralement tous les contrats qui liaient l’Etat avec la société INTERPETROL, cette dernière étant le plus gros client de la BCB. Il espérait ainsi mettre en difficulté cette Banque. Actuellement, il voudrait faire main basse sur les 6 Milliards de francs logés à la BCB comme dépôt de caution de la société INTERPETROL alors que l’affaire n’est pas encore jugée et cela pour que la BCB n’ait plus les assises financières solides, espérant ainsi que l’IBB devienne la première Banque dans le pays. Pour arriver à ses fins et satisfaire Callixte MUTABAZI, son ex-patron qui l’est resté en réalité, le 2è Vice-président NTISEZERANA use de tous les moyens, y compris la tentative de manipuler quelques agents du FMI, pour que ce dernier exige qu’INTERPETROL verse préalablement les 6 milliards sur le compte de l’Etat à la BRB, avant le décaissement de l’appui budgétaire de 25 millions de dollars américains. En effet, selon une source faisant partie de la délégation burundaise qui vient de séjourner à Washington, la ministre des Finances, Mme Clotilde NIZIGAMA, a essuyé un revers devant M. Paul MATHIEU, le représentant du FMI pour le Burundi, qui lui annonçait que le 2è Vice-président NTISEZERANA avait personnellement téléphoné et insistait pour que le FMI ajoute dans ses conditionnalités de décaissement de l’appui budgétaire le transfert des 6 milliards d’INTERPETROL logés à la BCB vers un compte à la BRB. Alors que le Burundi peinait déjà à remplir toutes les conditionnalités du FMI, voici que le 2è Vice-président NTISEZERANA en redemande encore d'autres. A se demander s’il veut réellement voir le Burundi recevoir cet appui budgétaire, alors que, selon plusieurs sources autorisées, le Burundi risque de tomber en cessation de paiement. Ce qui serait très grave pour la pays. Ce qui prouve à suffisance que le 2è Vice-président NTISEZERANA, sous l’influence de son mentor Callixte MUTABAZI, place les intérêts de ses parrains devant ceux du peuple burundais, meurtri par la misère, et pour qui il est sensé travaillé. Selon les toutes dernières indiscrétions, le 2è Vice-président NTISEZERANA sur instigation de son « demi-Dieu », tente de convaincre le Chef de l’Etat, Pierre NKURUNZIZA, pour qu’il déloge les 6 milliards de la BCB, par décret présidentiel. Du jamais vu ! Mais pourquoi cette animosité viscérale pour la BCB de la part du patron de l'IBB ? Car la simple concurrence n’explique pas tout ! Selon des informations concordantes, tout a commencé quand Inter Bank Burundi s’est portée candidat acquéreur des parts de la Belgolaise dans la BCB, mais y a reçu une fin de non-recevoir. On saura bien vite que derrière l’IBB se cachait en réalité l’homme d’affaires rwandais Tribert RUJUGIRO. Nous avons vu plus haut l’origine de leur relation. C’est donc le duo NTISEZERANA-MUTABAZI qui, aujourd’hui, tire les ficelles dans toutes ces affaires qui empoisonnent les relations entre les bailleurs de fonds et l’Etat, et qui mettent en danger la survie de toute l’économie nationale. Jusque quand continueront-ils d’agir en toute impunité ? Les agissements de NTISEZERANA et son « demi-Dieu » continuent d’intriguer et plusieurs questions restent jusqu’ici sans réponses : ● Quid de l’état financier réel de l’IBB, après l’annonce de retraits de plusieurs gros clients privés, de sociétés paraétatiques, dont l’ONATEL (Fonds pensions employés), et de certains organismes internationaux (exemple : Fonds STABEX). Certaines sources citent même la BRARUDI parmi les prochains déserteurs de l’IBB. ● Quid des dépôts non-rémunérés de l’Etat dans la Banque IBB ? ● Quid du traitement des dettes fiscales de l’IBB, après que la présidence de la République ait, en date du 27 avril 2007, ordonné au Ministre des Finances d’exiger le paiement de tous les impôts et taxes dus par certaines sociétés au trésor public, notamment l’IBB, estimant que « l’ampleur de leurs arriérés est très inquiétante » ? (Pour l’intégralité de cette lettre : CLIQUEZ ICI) ● Quid des nouveaux fournisseurs des produits pétroliers au Burundi, dont DARBIT du Kenya, et qui bénéficie d’une exonération d’impôt en tant que société de transit, délivrée par le 2è Vice-président NTISEZERANA, alors que ces produits sont commercialisés dans le pays ? ● Etc ...
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