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 Actualités

L’UPD-ZIGAMIBANGA: le leadership féminin à l’œuvre ou la force tranquille à l’épreuve de la force
(Source: Burundi Bwiza)  
 Le 30 mai 09

Ce dimanche 24 mai 2009, le voile est tombé, le doute levé et la force politique de l’UPD prouvée; publiquement et définitivement. La sortie fortement remarquée et médiatisée des femmes leaders du parti du renouveau et de l’espoir, a irrémédiablement et politiquement assommé le CNDD-FDD et son gouvernement, déjà très affaiblis par une série ininterrompue de scandales financiers, sociaux et sécuritaires graves ; couplés à une désaffection populaire tétanisante.

 


Aux yeux de l’opinion générale et de l’analyse des observateurs politiques avisés, cette opération- test maladroitement appréhendée par le pouvoir paralysé par une peur bleue des opposants les plus sérieux, a carrément confirmé le statut de l’UPD-ZIGAMIBANGA, comme l’unique force politique actuellement capable d’inquiéter et de faire tomber le régime dictatorial et corrompu du CNDD-FDD, à la faveur des élections générales de 2010.

C’est élégamment vêtues d’uniformes et de casquettes aux couleurs rouge, vert et jaune du parti, que des centaines de femmes leaders de toutes les provinces du pays, se sont livrées à une véritable démonstration de force, dans les rues de Bujumbura, sous le regard admirateur et rassuré des habitants de la capitale, totalement conquis et convaincus, cette fois, d’une alternance devenue finalement possible.

 


Fières et rassurantes, dignes et braves, ces perles tricolores ont déferlé, en vagues successives et solidaires, dans les coins et recoins de la ville ; à destination de la permanence nationale du parti, entonnant et scandant des chansons, à la gloire du parti et de la démocratie, dans une ambiance bon enfant et un décor rappelant l’atmosphère des campagnes électorales réussies.

Evidemment improvisée, spontanée, et combien politiquement bénéfique pour le parti UPD-ZIGAMIBANGA, cette marche-manifestation des opposants politiques du régime, a été inconsciemment autorisée et rendue possible par la haute hiérarchie du CNDD-FDD, en connexion avec la police nationale et l’administration municipale. Le ridicule ne tue pas.

 


En investissant violemment les lieux où devait se tenir la réunion de ces leaders féminins, pourtant connue de longue date et conforme au prescrit de la loi sur le fonctionnement des partis politiques, en dispersant et en embarquant par la force les participantes , afin qu’elles retournent manu militari d’où elles étaient venues, sous le coup des projecteurs des medias locaux et étrangers, le détachement policier imposant, empressement dépêché par les ténors du parti au pouvoir, pour faire échouer la rencontre, n’a certainement pas intégré dans ses interventions l’éventualité d’une reconversion possible de cette activité, chez ces stratèges de génie, en vue d’une meilleure capitalisation politique de l’événement.

Un véritable coup politique de maitre donc, qui a manifestement provoqué le désarroi, le désenchantement et le désespoir de cause, chez les éléments trop zélés de la police et leurs mandants, pris dans leurs propres pièges. Mais alors, une question fondamentale se pose : d’où provient l’argent que les policiers ont payé aux conducteurs de bus chargés d’évacuer brutalement les militantes de l’UPD-ZIGAMIBANGA?

 


Certainement pas de la poche de ces derniers ! Dans l’environnement actuel de la corruption politique grandissante et des détournements éhontés des deniers publics, il n’est pas du tout exclu que l’opération ait été financée par le pouvoir et le parti qui le porte.

Dans tous les cas, il est fort louable et salutaire que les déléguées du parti UPD-ZIGAMIBANGA aient envisagé à temps et évité, de manière subtile, lucide et responsable, le piège de la confrontation directe que leur avait tendu l’adversaire politique, en l’occurrence le CNDD-FDD aujourd’hui démasqué dans ses intentions et dans ses méthodes, dignes d’un autre âge. Cette force tranquille, pour reprendre le slogan de campagne de François MITTERAND en 1981, contre Valery Giscard d’Estaing a su honorablement résister à l’épreuve de la force, cher au pouvoir, laissant les pécheurs en eaux troubles désemparés, médusés et désarmés.

 


Soumises dans des conditions similaires, on ne le leur souhaite pas, il est fort à parier que les BAKENYERARUGAMBA du CNDD-FDD se seraient ouvertement et honteusement battues. Honneur et dignité donc à ces braves mères et filles de la nation qui, jalousement attachées à la tradition burundaise et à ses valeurs (ABAGENDERAKARANGA), ont donné au gouvernement et au parti CNDD-FDD une véritable leçon de démocratie, de sagesse et de tolérance politiques, dans le contexte pluraliste du moment et l’environnement préélectoral particulièrement tendu.

Quoi d’étonnant que cette opération ait été une réussite politique et médiatique, si l’on sait que les leaders de l’UPD-ZIGAMIBANGA connaissent à la loupe les faiblesses du parti au pouvoir et les cartes usées en sa possession qu’ils font tomber l’une après l’autre, jusqu’à l’affrontement final programmé en 2010? Tel est pris qui croyait prendre, pour reprendre le dicton français.

 


Quoi d’étonnant encore que cette sortie politique d’envergure des femmes leaders de l’UPD-ZIGAMIBANGA ait été un succès inédit, si l’on sait que ce que femme veut, DIEU veut ? Si des militantes de tous horizons géographiques, ethniques et économiques bravent la dictature du régime et réclament en masse le changement politique que tout le monde appelle aujourd’hui de tous ses vœux, à travers des sections pacifiques, officielles et légales, qui peut les en empêcher, même en recourant à l’usage de la force, sans se condamner à la malédiction divine? Qui combat les femmes combat DIEU et qui combat DIEU se fait impitoyablement battre. Les dirigeants actuels qui se réclament profondément chrétiens et pieux, devraient en principe faire leurs ces évidences et ces réalités, qui fonctionnent en politique comme dans les autres domaines de la vie humaine.

Quels sont en définitive les leçons et le message politiques à retenir de cet événement qui a fait si peur au CNDD-FDD et au pouvoir, au point de leur faire perdre la tête ? Si une simple réunion de représentantes provinciales des ABAGENDERAKARANGA, ces militantes de l’UPD-ZIGAMIBANGA, peut donner autant de frissons au parti au pouvoir, qu’en sera-t-il des assemblées générales et des congrès de jeunes, de femmes et d’autres militants du parti UPD-ZIGAMIBANGA à venir, dans la perspective des meetings et de la campagne électoraux, eux qui promettent déjà d’être sensationnels et impressionnants, au regard des moyens disponibles et de l’engouement populaire pour le parti?

En agissant systématiquement par peur, en tentant de reporter sa peur sur les autres par l’intimidation, l’oppression et la répression politiques et en entravant illégalement, par tous les moyens, le fonctionnement normal et régulier du parti aussi sérieux que l’UPD-ZIGAMIBANGA, le parti CNDD-FDD s’est irréversiblement engagé sur une voie sans issue, qui le condamne à perdre les élections avant qu’elles n’aient lieu, et le pouvoir qui lui échappe à vue d’œil, depuis qu’il est parti en guerre contre ceux qui le lui ont donné, sur fond de rançons populaires, d’emprisonnements politiques, d’éliminations physiques sélectives, de limogeages massif et abusifs et de déni de démocratie.

Ça ne sera certainement pas de la faute de l’UPD-ZIGAMIBANGA, ni d’aucun autre parti politique, si le Président Pierre NKURUNZIZA ne peut s’accrocher avec succès au pouvoir, jusqu'à ce que son fils tant chéri soit majeur et ne prenne la relève, dans une res publica à la monarchie subtilement retrouvée, à l’image de ce que vivent certains de nos frères africains.

En attendant les échéances électorales cruciales et historiques de 2010, ce n’est pas le CNDD-FDD et ses dérives dictatoriales qui feront fléchir les leaders et les millions de militants de l’UPD-ZIGAMIBANGA dans leur détermination à offrir au peuple burundais, l’alternance salutaire tant revendiquée par une population meurtrie par la misère, l’insécurité et le terrorisme d’Etat.

Les ABAGENDERAKARANGA, les IMURIKIZI et les ABAZIGAMABANGA de l’UPD-ZIGAMIBANGA se portent comme un alarme, courageux, solidaires et déterminés, prêts à traduire massivement dans les urnes, là où la force du policier n’opère pas, le choix du changement qu’ils portent dans le cœur, à l’image de cette « force tranquille » qui a porté François MITTERAND à la présidence française en 1981.

Pour le parti UPD-ZIGAMIBANGA, ses militants et le peuple burundais dans son ensemble, la "force de l’argument" doit désormais s’imposer à "l’argument de la force". Et ce sera justice et démocratie.