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Photos
Le nom de la colline est
identité, lieu et histoire.
Ceux de la colline, c'est un peu la famille. Au Burundi,
nous aimons les vaches.
La vache est une créature noble,
la noblesse de la vache
vient de la noblesse de l'homme Les haricots germent aisément,
leurs racines ont une terre frâiche
où s'ancrer et leurs tiges
© Christel Martincomme leurs
feuilles croîtront allègrem La famille de la colline
vit la peine et la joie de chaque
habitant Ceux qui sont encore vivants
sont atteints dans leur âme Sur le marché de Gitaza, un fou, autre victime de la crise Le ventre qui s'endort
avec la faim se réveille
avec la haine
Le Burundi est terre de collines généreuses. Chaque lopin, chaque parcelle est connue, attribuée, cultivée degénérations en générations. Chaque Burundais vient d'une colline, son origine est ancrée dans sa terre. La densité officielle est de 230 habitants au kilomètre carré. Les maisons traditionnelles, à structure familiale, sont réparties sur les terres proches de cultures. Le village n'existe pas. Les vaches, piliers de l'agriculture, fournissent lait, viande et engrais naturel. Depuis le début de la crise, 50 % du cheptel du Burundi a été décimé ; une bonne partie est « regroupée » autour de la capitale et les terres de l'intérieur s'appauvrissent faute d'engrais. A Kirekura, à 15 km de la capitale, une exploitation de 300 têtes. Le propriétaire a lancé une race mixte, bonne laitière, dont le développement a cessé en 1993. A cause de la crise, les travailleurs qui habitent les montagnes ne descendent plus dans l'exploitation. Depuis l'embargo, les semences n'arrivent plus, la terre reste en jachère, les troupeaux paissent dans les anciennes cultures et leur production de lait a baissé de moitié. Un petit troupeau dans les rues de Bujumbura. Jusqu'en 1993, la présence des vaches dans la capitale était interdite. Idem, dans la cour d'une école. Piments, haricots rouges, et aussi avocats, ananas, papayes, mangues, bananes. manioc, pommes de terre, riz. tomates, poivrons, petits pois, fraises, groseilles du Cap, au Burundi la liste est longue des cadeaux de la terre. En dépit de l'embargo de juillet 1996, on trouve de tout sur le marché de Bujumbura. mais à des prix souvent inaccessibles. Plus de 20 % de la population souffre d'insuffisance alimentaire. L'espoir, c'est aussi une meilleure valorisation des produits de la terre. Le thé du Burundi, dans sa spécialité, le thé rouge, est un des meilleurs du monde. Depuis 1993, la production a baissé de 40 %. A théza, un massacre a emporté la fabrique la plus importante du pays et détruit les plans. A Ijenda, région productrice, les enfants apprennent la récolte du thé. C'est une des activités génératrice de revenu de l'école. La vente du thé ainsi cultivé, participe à l'entretien des salles de classe et à l'achat de matériel scolaire. Autre grande richesse du Burundi -. le café. Musigati, jadis petit paradis, en bordure du parc naturel, forêt primaire de la Kibira. A 15 km de Bubanza, grand camp de déplacés et étape de l'aide alimentaire. Pour des raisons de sécurité, elle ne venait pas jusqu'à Musagati. Elle y parvient à présent. Au camp d'accueil de Gitaza. 50 km plus au sud, à Rumonge, sur les rives du lac Tanganiyka il y a eu une attaque voici une semaine, une conquantaine de morts selon les chiffres officiels. Mme Bancrimisi, de la colline de Rutumo, vient d'arriver, elle a marché plusieurs jours. Elle est veuve, trois de ses quatre enfants sont vivants l'aîné se laisse mourir. Mataho, sur la route entre Gitéga et Ngozi. Depuis 4 ans, ce camp de déplacés et de regroupés s'est organisé comme beaucoup sur les anciens marchés ou centre de négoce. La vie du camps est rythmée par les distributions d'aliments, de médicaments ou de couvertures.
Certains habitants du camp peuvent voir leur champ dans le creux de la valée ou sur la colline voisine. Ils vont parfois le cultiver : 5 km parcourus avec la peur.
Le nom de la colline est
identité, lieu et histoire.
Ceux de la colline, c'est un peu la famille.
Le Burundi est terre de collines généreuses. Chaque lopin, chaque parcelle est connue, attribuée, cultivée degénérations en générations. Chaque Burundais vient d'une colline, son origine est ancrée dans sa terre. La densité officielle est de 230 habitants au kilomètre carré. Les maisons traditionnelles, à structure familiale, sont réparties sur les terres proches de cultures. Le village n'existe pas.
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